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Sous les draps

Edgar Grospiron a le sourire des hommes beaux. L’assurance de ceux qui ont tout gagné. Le regard de ceux qui savent que l’échec est parfois à un souffle du succès.

Et une joie, une énergie, un charisme qu’il transmet désormais dans ses conférences. Plus exactement, qu’il transmettait. Le voici désormais à la tête de l’un des plus grands événements que l’homme ait inventé depuis que le monde est monde : les Jeux Olympiques.

Vos enfants n’ont jamais entendu parler du fêtard de la Clusaz. Nous, nous le connaissons tous. J’étais heureux comme un gamin de lui tendre mon micro il y a un peu plus d’un an maintenant. Nous rediffusons notre rencontre cette semaine. Vous me demandez parfois au détour d’une conversation comment je fais pour tenir le rythme d’un nouvel épisode chaque semaine. Ma réponse est là, je n’y arrive pas toujours.

La mise en lumière de cet épisode passé aurait pu être l’occasion d’évoquer les JO qui arrivent. Nous aurions parlé ski, aménagement du territoire et vin chaud. Ma femme ayant entendu récemment le témoignage de Tony Estanguet, elle aurait pu me transmettre et moi à vous ce qu’elle vient d’apprendre de lui. En vous écrivant sur Edgar et Tony, j’aurais fait d’une pierre deux coups. Pas facile d’attraper celui qui a su rassembler la planète entière à Paris l’été dernier. Pour cela, il faut le connaître. Vous pouvez aussi appeler son secrétariat, je ne sais pas bien s’il vous recevrait. Cela se fait visiblement. Vous pouvez aussi essayer de recueillir quelques gouttes de son savoir en vous adressant à celle qui partage ma vie. Je jouerai le rôle de son secrétaire. Femme, je vous ouvrirai la porte si la présidente de la maison est d’accord. Homme, j’y réfléchirai. C’est le pouvoir des assistants !

Edgar descendait les pistes de ski pour mieux nous rappeler en 2030 que nous serons toujours amoureux des Alpes et de la douceur de la neige. Mais ma tête en ce moment est davantage aux bosses de notre économie qu’à celles dont Edgar s’était fait la spécialité. Et puis c’est l’été qui arrive. La plage attend, n’en déplaise aux amateurs de la montagne à vaches et du saute-mouton sur les glaciers.

En pyjama

Edgar me rappellera toujours avec un brin de nostalgie mon enfance. Il me rappelle aussi que la vie est plus belle entourée d’amis à boire, chanter et danser. Et qu’à moins d’être moine, l’homme préfère souvent être entouré de femmes. La réciproque est vraie. Les femmes préfèrent être entourées d’hommes même si elles aiment bien qu’on leur fiche la paix de temps en temps. Les soirées pyjama sont féminines, jamais masculines. Si ces hommes pouvaient être forts, confiants, authentiques, honnêtes, à l’écoute, empathiques, rigolos, ambitieux, passionnés, respectueux, émotifs sans trop l’être, bienveillants, fiables, fidèles, doux, intelligents et deux ou trois trucs encore, ce serait vraiment bien. (Nous les hommes sommes moins exigeants, c’est bien connu.) Et s’ils pouvaient tous s’appeler Edgar, ce serait mieux !

Agnès est un peu amoureuse d’Edgar. Je suspecte qu’elle m’ait demandé de rediffuser l’épisode rien que pour l’entendre de nouveau. Il n’y a pas qu’elle. Mon épouse aussi a le béguin pour Edgar. A quelques exceptions près, vous l’avez toutes.

Edgar a pris quelques rides et ses cheveux la couleur de son village natal l’hiver. Il descend un peu moins vite les pentes. Mais son charme est resté intact. « Je vais rencontrer Edgar Grospiron » avais-je dit à mon épouse quelques semaines avant notre entretien. « Ah génial ! Je me souviens quand nous skiions à la Clusaz, je l’avais croisé sur un télésiège. Je lui avais fait coucou ! Il m’avait répondu ! ». Grand sourire chez l’une. Silence chez votre serviteur. Agnès avait été plus digne à l’annonce de la nouvelle. Il lui en faut plus pour quitter son flegme qu’elle tient d’une éducation pourtant tout aussi rigoureuse que celle reçue par ma voisine de chambre. J’avais bien vu à ses yeux un peu plus pétillants qu’à l’accoutumée sa fausse indifférence. Et puis elle avait fini par sourire à travers l’écran. Elle n’aurait pas eu besoin de parler. Même sans torture, elle avait fini par avouer.

Franchement mesdames, mais qu’est-ce que vous lui trouvez toutes à Edgar ?

Bah tout ! 

Ah.

Oh, rassurez-vous, je ne me suis jamais senti jaloux des Edgar Grospiron, Patrick Swayze et autres Brad Pitt. J’ai passé l’âge et même plus jeune Dieu m’avait déjà gardé de manquer de confiance en soi. Il a même eu plutôt tendance à être trop généreux dans ce domaine. Cela m’a joué des tours. La comparaison sociale m’a rarement pesé non plus, peut-être parce que je suis né chanceux. La chance se cultive mais on ne part pas avec le même capital de départ. La possessivité n’est pas non plus ma tasse de thé. J’ai mis du temps à comprendre que la liberté guiderait ma vie, il était évident qu’elle guiderait celle que j’aime. On peut être libre et fidèle. Cela s’appelle un couple.

Je n’ai pas la jalousie des Rita Mitsouko. Pourtant voyez-vous, je ressens toujours comme un léger picotement intérieur quand j’observe ces dames et la mienne en particulier s’amouracher d’un garçon qu’elles tiendront de toute façon à distance. Et si cette distance venait à diminuer, ce qui leur est toutes arrivé un jour, je me dis dans ce cas qu’elles se renseignent. Elles observent comme on observe une œuvre d’art. Cette œuvre prend vie. Elle les regarde en retour, leur sourit, bouge, respire, émane un parfum, serre leur main, parfois les embrasse civilement. Je souris intérieurement quand, rarement, je croise le regard indiscret d’une autre qui se pose sur moi. Vous êtes fortes mesdames pour vous montrer discrètes. Les hommes le sont moins, en tout cas moi. Comme je le fis ce soir-là en passant une partie de la soirée à discuter avec la seule top model que la vie mit un jour sur mon chemin. Elle était Mexicaine. Bien que blonde, elle avait adopté une coupe afro. Juste génial. En robe de soie verte et perchée sur des talons qui n’en finissaient pas, elle regardait de haut la plupart des hommes du moment. Elle éclatait de beauté. On ne voyait qu’elle. Elle parlait cinq langues, était entrepreneure, franchement sympathique en plus d’être smart. Elle n’avait qu’un défaut avais-je pensé ce soir-là. Je la rencontrais parce qu’elle se fiançait. A mon client.

David nu

La jalousie rend malade, cela a été chanté, peint, sculpté, joué, écrit. Elle tue aussi. Méduse fut décapitée après avoir rendu les dieux malades de jalousie. Persée tient sa tête à Florence depuis cinq siècles. Tournez votre regard d’un quart de tour Plazza della Signora et vous découvrirez David nu, gonflé de virilité, de fierté et de force. Cette statue haute de cinq mètres est un chef d’œuvre. Vous feriez la queue pour vous entretenir avec lui mesdames s’il pouvait parler. Mais que lui diriez-vous ? Et nous hommes, que penserions-nous à vous voir discuter sans compter vos sourires avec l’un des plus beaux hommes devenu roi que Michel-Ange ait créé sur Terre ? Nous laisserions faire parce que vous êtes libres.

Pas peu fiers, parce que c’est nous que vous avez choisis, nous vous raccompagnerions. Alors, ce David ? “Et cette Mexicaine ?”, répondriez-vous.

Et nous nous glisserions sous les draps.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Le podcast de la semaine

Edgar Grospiron, Champion olympique et trois fois champion du monde dans l’épreuve du ski de bosses.

Motivator

Écouter l’épisode

La jalousie, miroir de nos relations humaines