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Une histoire d’amour

Mais d’où vient mon amour pour la France ?

Je ne sais pas bien répondre à la question. En me la posant, parce qu’il est question de l’amour de la France quand on interroge Christian Harbulot, quelques éléments de réponses sont apparus. 

Cela a dû commencer très tôt dans nos discussions en famille avec mon grand-père émigré. Deux pays ont toujours été à table à la maison : la France donc, et la Slovaquie. Quand on vient de l’un et que l’on vit chez l’autre, cela ne rate jamais, on les compare. Et l’on se dit qu’on a bien de la chance. La comparaison serait beaucoup plus équilibrée aujourd’hui.

Baden-Powell

Les scouts aussi vous apprennent tout jeunes à aimer les autres, la nature, votre pays et d’autres choses encore. Dans leur promesse faite à la société, les scouts s’engagent à servir la patrie et l’Europe. Le scoutisme est né à l’initiative de Baden-Powell aux UK en 1908. Son manuel Les Eclaireurs s’est vendu à plus de 100 millions d’exemplaires. C’est qu’il ne doit pas être trop mal. Faire de son mieux est la devise des louveteaux. Toujours prêt est celle des scouts. Elles m’habiteront toujours. 

J’ai invité sans succès mes enfants à adhérer au mouvement. Ils n’ont pas accroché. Je le regrette, c’est ainsi. Je tente d’une autre façon de leur transmettre ce que m’a appris le scoutisme. Mais rien ne remplace les nuits au froid sous la tente, une conserve de raviolis carbonisée au feu de bois et se perdre en forêt malgré l’usage de sa boussole. Rien.

Allez savoir pourquoi, moi je ne sais pas, mais l’idée m’était venue en classe préparatoire d’accrocher un drapeau français dans ma chambre d’étudiant. Il faisait face à un poster grandeur nature de Michael Jordan. Quand on découvrait les Etats-Unis à 15 ans en 1990, on en revenait forcément enthousiaste. Mes deux principaux murs étaient ainsi habillés. Le premier représentait le pays qui m’avait vu naître. Le second faisait référence à celui qui me fascinait et me faisait envie à cette époque-là.

Voilà, rien de plus. Rien d’extraordinaire. Mes parents n’avaient jamais nourri en moi l’idée d’un patriotisme particulier. Aimer mon pays m’a toujours aussi semblé naturel que respirer. Respirer vous fait vivre, votre pays aussi. 

Big Flo et Oli

Devenu adulte, j’ai bien dû me rendre compte que les mots comme « Nation » ou « patriote » se sont couverts d’un drap tâché. L’histoire de France a des heures belles, même magnifiques. Des heures moins glorieuses aussi. Certaines sont honteuses. Encore aujourd’hui, alors que les colonies ont disparu, alors que la seconde guerre mondiale s’est achevée il y a trois quarts de siècle, nous vivons dans les conséquences de ces événements. Le Président Poutine a grandi sur les cendres d’un feu allumé par Lénine puis déchaîné par Staline. Il cherche aujourd’hui à écraser l’Ukraine que Staline avait déjà délibérément affamée en 1933. Un film dont je vous propose la BO aujourd’hui raconte ce génocide soviétique. Curieux et tragique retour de l’Histoire. Pourtant, nous tolérons les 100 millions de morts du communisme au point qu’un parti politique peut en porter aujourd’hui le nom à l’Assemblée Nationale. Nous ne tolérons heureusement pas ce qui s’approche de près ou de loin du nazisme. Moi qui aime tant la mesure, je suis autant surpris par notre tolérance à l’égard du communisme que par l’usage immodéré des références à Hitler dans nos batailles idéologiques contemporaines. Comment en sommes-nous arrivés-là ?

Le patriotisme en France s’est largement effacé derrière un nationalisme qui a senti et sent encore parfois le souffre. Il renaît comme l’Histoire est en train de renaître alors que nous avions cru avec Fukuyama qu’elle avait disparu. 

Aimer son pays ne devrait en aucun cas être mal perçu. 

Comme nous n’en sommes pas un paradoxe près, voilà une expression « je suis patriote » qui risque d’être mal vue dans les dîners en ville le samedi alors même que nous sommes si fiers des spécificités de notre pays. Nous sommes tant attachés à nos victoires en 1998 et 2018, à l’école républicaine, à notre système de soins, à l’assurance chômage, aux retraites par répartition. A notre culture, notre langue, notre art de vivre, nos villages, nos cathédrales, nos montagnes, nos îles à l’autre bout du monde. A nos couleurs de peau qui en font tout à la fois la diversité et la richesse. A notre caractère bougon mais au fond si partageur. Big Flo et Oli le disent à leur manière dans un rap plus bas qui n’est pas ma tasse de thé mais dont les paroles sonnent justes. Voilà ce que c’est de faire relire cet edito au jeune homme qui a les faveurs de l’une de mes filles.

Les Français aiment leur pays, c’est seulement qu’ils n’osent pas le dire haut et fort. (Ne me croyez pas naïfs, bien évidemment qu’une partie de notre population pense le contraire. Mais elle est souvent comme la plupart des minorités : elle crie d’autant plus fort qu’elle est faible). Nous avons tous mis un peu de temps avant de regarder notre conjoint dans les yeux pour lui dire « je t’aime ».

La poule et le couteau

Les uns cultiveront notre cuisine, les autres le cinéma, le tourisme. 

Christian Harbulot, lui, cultive l’économie. C’est sa manière à lui d’aimer son pays et de le protéger en plus de gagner sa vie. 

Enseigner la guerre économique et conseiller ceux qui la font, c’est moins glamour que de fabriquer des montres de luxe, c’est moins essentiel que de développer des avions de chasse, c’est moins utile que de fabriquer des électrons ou vendre des yaourts. Mais un pays n’est rien sans son économie. Une économie finance tout : depuis les professeurs de nos enfants à l’école, en passant par les lits de nos hôpitaux jusqu’aux fleurons technologiques de notre défense nationale. Cela, Christian le sait beaucoup mieux que la plupart des Français qui observent l’économie comme une poule devant un couteau. 

Nos lacunes en sciences économiques sont d’autant plus graves que nos principaux partenaires commerciaux, Etats-Unis, Chine et Allemagne en tête, sont particulièrement alertes sur le sujet. 

Ils usent de tout ce qui est en leurs mains pour se renforcer sur le plan commercial. Et comme la balance commerciale de la planète est nulle, ce qui remplit celle des uns vide celle des autres. Or quand on achète plus que l’on ne vend, on s’appauvrit. Certains d’entre nous penseront que le niveau catastrophique de notre balance commerciale (-111 Md€ en 2023) ne sont que des chiffres sur un tableau. Ils auraient bien tort. Nos entreprises seraient plus fortes, l’Etat collecterait davantage d’impôts, nos professeurs seraient mieux rémunérés, nos malades mieux soignés, nos retraites plus confortables si notre balance commerciale se redressait. Christian Harbulot le sait au point qu’il enseigne comment mieux faire.

Comment ?

Commencez par écouter Christian en fin d’épisode : lisez et exigez de vos enfants qu’ils en fassent autant! 

Frédéric Pierucci

L’Ecole de Guerre Economique dont il est question cette semaine fait partie d’un écosystème grandissant. L’IHEDN, l’Institut Choiseul (dont j’ai interviewé son Président Pascal Lorot ici), le CR 451, l’Académie de l’Intelligence Economique, l’IESF, le CDSE, Souveraine Tech, le Medef à certains égards mais insuffisamment, d’autres acteurs encore se demandent comment nous éveiller à la culture de la guerre économique. Un jour, soyons fous, ils nous permettront de passer à l’offensive, ce que font depuis des lustres les pays cités plus hauts. 

La guerre économique couvre un large spectre de domaines : les dépendances de tous types (clients, fournisseurs, produits, géographies, …), le financement, la monnaie, l’information, la réputation, les relations aux décideurs, la criminalité et bien entendu le droit et la réglementation. 

S’agissant de nos dépendances, saviez-vous que 40% de l’uranium enrichi faisant tourner nos centrales nucléaires provient de Russie et du Kazakhstan ? Imaginez un peu le chef du Kremlin user de cet interrupteur. La nuit serait bien plus noire qu’elle ne l’est déjà. Les Etats-Unis dépendent eux à hauteur de 25% de l’uranium enrichi russe. Ils viennent de voter pour la construction d’installations d’enrichissement afin de se défaire de leur dépendance. De notre côté, Orano vient de valider l’augmentation de nos capacités d’enrichissement sur le site du Tricastin. Notre niveau de dépendance russe et kazakhe diminuera de 10 points en 2028 pour atteindre 30%. Insuffisant ? A vous de vous forger une opinion. 

S’agissant du droit, les Etats-Unis appliquent un droit extraterritorial qui nourrit l’exaspération du monde entier en plus de celle de l’auteur de ces lignes. Ce droit envoie des hommes comme Frédéric Pierucci en prison de haute sécurité pour rien. Son histoire est plus bas. Vous pouvez aussi écouter Arnaud Montebourg vous dire ce qu’il pense de l’itarisation de notre économie dans un autre épisode d’Histoires d’Entreprises ici. La Chine quant à elle ne respecte pas le droit, cela a le mérite d’être plus simple. Droit et guerre font rarement bon ménage. Notre attachement viscéral au premier explique largement notre incapacité à faire la seconde, même quand elle est commerciale.

Il faut pourtant bien la mener cette guerre. Et gagner des batailles plus que d’en perdre. Car à trop perdre, ce ne sont pas seulement des contrats manqués ou des entreprises qui se fragilisent. C’est un pays dont les caisses se vident. C’est la France qui cherche comme en ce moment désespérément quelques milliards pour boucler un budget qui ne sera de toutes façons pas à l’équilibre. C’est tout un continent comme l’Europe qui se demande où sourcer son gaz sans l’acheter à prix d’or.

Il y a presque tout à faire en matière de guerre économique en France et en Europe. Nous sommes d’une telle naïveté. 

Si tu veux la paix, prépare la guerre, nous le savons depuis Végèce. Mais ce qui était déjà vrai sur le plan militaire il y a deux mille ans l’est aussi sur le plan commercial aujourd’hui. Cela, nous le savons moins. Alors lisez, c’est ce que nous dit amicalement Christian. Et puis si vous êtes chef d’entreprise, exportez, exportez, exportez. Cela, c’est moi qui vous le dis! 

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Guerre économique : aimer la France autrement

Christian Harbulot, Directeur

École de guerre économique

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Guerre économique : aimer la France autrement