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Le colibri

Too Good To Go est une affaire de voisinage dans mon cas. Méleyne qui en dirige les activités en France et que j’interviewe cette semaine est venue s’installer littéralement en face de la maison où j’habite. Notre enregistrement avait donc une autre saveur. Elle était venue tôt le matin un vendredi, j’avais fait fonctionner la machine à café de la cuisine et nous nous étions lancés.  

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi cela veut dire beaucoup.

Nous entretenons toujours une relation un peu différente avec nos voisins. Il y a celui que nous avons toujours plaisir à rencontrer. Il y a celle que l’on éviterait si l’on pouvait parce que je ne sais quoi. Il a celui encore trop bavard – plus que moi dans ces lignes c’est peu dire – avec qui les échanges seront toujours cordiaux mais dont vous savez qu’il ne sera jamais un copain. Il y a celle enfin avec qui vous vous entretiendriez volontiers davantage mais que vous ne semblez pas plus émouvoir que cela. Le voisinage est comme en amour, parfois à sens unique. Cela, c’est pour la vie dans une rue riche de maisons. Dans un immeuble, c’est un peu plus salé. Il y a les joies du débutant en violon le dimanche après-midi au-dessus de vos têtes, la soirée du fiston la veille au soir sous vos pieds et les immanquables, les joyeuses, les trépidantes réunions de copropriété. Etre voisin, c’est comme tout, cela s’apprend.

J’ai donc fait la connaissance de Méleyne au moment où son séjour allait donner sur le mien avec une rue entre les deux. « Comment sont-ils ? » m’étais-je interrogé. Je ne doute pas que Méleyne s’était posée la même question. Nous allions bientôt le savoir grâce à d’autres voisins qui allaient faciliter leur intégration lors d’un dîner. Bah oui, en bords de Marne, on s’intègre ou l’on vous jette à l’eau ! Croyez-moi, il y a épreuve plus difficile.

J’avais découvert ce soir-là une femme aux yeux bleu joyeux mais surtout un caractère de feu. Céline, une autre voisine qui avait eu la bonne idée de tous nous inviter ce soir-là, n’était pas en reste en matière de caractère. Et ayant une épouse que je mettrais dans la même catégorie de ces personnes tout à la fois gaies au caractère d’acier, j’avais été entouré ce soir-là de trois femmes qui avaient animé l’essentiel des discussions en plus de François un autre voisin qui me lit chaque semaine et que je salue ici. Rire, bien manger et bien boire nous avaient aidé à répondre à la question ci-dessus. Peut-être un jour deviendrions nous copains, voire, qui sait, amis. 

J’avais donc une nouvelle voisine avec qui nous pourrions nous dire autre chose que « Bonjour » et « Quel jour déjà les poubelles jaunes ? ».

Méleyne s’était assez vite mise en recherche d’un nouveau job et nous en discutions de temps en temps sur le trottoir entre nos portails respectifs. Je ne suis pas le meilleur des voisins. Je me garde le plus souvent de partager des informations que le boucher ou la poissonnière du centre-ville font bien mieux que moi. Et puis j’ai cette pudeur qui fait qu’à peu interroger moi-même sur des choses plus ou moins confidentielles ou intimes, on les partage peu avec moi. Je reste souvent à la surface des choses avec certains de mes interlocuteurs non pas par désintérêt mais parce que je crains de m’intéresser à ce qui ne me regarde pas. A choisir entre deux maux, je préfère que l’on pense de moi « Il se désintéresse de moi » plutôt que « De quoi se même-t-il ? ». Je m’intéresse comme vous aux autres, c’est seulement que je n’ose leur dire. Pourtant, je savais qu’en me penchant sur la prochaine entreprise de Méleyne j’étais en train de toucher une corde sensible. Rechercher un prochain emploi, même de Directrice Générale, est toujours une période délicate à mener. Méleyne me tenait au courant, me racontait ses pistes, jusqu’au jour où j’avais vu ses yeux briller un peu plus qu’à l’accoutumée quand elle avait évoqué Too Good To Go. Vous connaissez la suite. Elle était plus que ravie, elle était vraiment aux anges.

Too Good To Go ! 

Too Good To Go, c’était vraiment énorme. Quand j’en avais parlé aux filles à table le soir, elles s’étaient toutes exclamées « Génial ! ». Sans jouer une musique parfois surjouée, j’avais bien vu dans leur regard que Méleyne était devenue pour elles une source d’inspiration. Il y avait un peu de ce « Ah bon, notre voisine est DG de Too Good Too Go, donc moi aussi je pourrais peut-être être comme elle un jour ». Elles ne l’avaient pas exprimé comme cela, mais je l’avais perçu comme tel. Si vous écoutez la conclusion de l’épisode du jour, j’évoque le soir où Diane mon aînée m’avait indiqué vouloir devenir entrepreneure tout en donnant un sens à l’entreprise qu’elle lancerait. Je suis absolument certain que l’arrivée de Méleyne et leur rencontre ont joué dans ce désir. Pourtant, Diane n’avait pas fait le lien lors de cette conversation. Pour moi, il était évident.

Me voilà donc à offrir le café à Méleyne avant de nous installer dans la salle à manger et d’appuyer sur le bouton rouge de l’enregistreur. Derrière elle le magnolia en fleurs à travers les vitres. Derrière moi l’accès au jardin après avoir traversé la cuisine et ce fameux réfrigérateur dont nous parlons évidemment beaucoup dans l’épisode du jour.

Ce qui est génial dans le retail, c’est que nous sommes tous consommateurs et donc tous concernés. Il n’y a évidemment aucune exception, nous mangeons tous, pardon de le rappeler. Quand j’avais interviewé Oliver Baud nous parler d’effacement électrique, je me doutais bien que j’allais perdre certains d’entre vous. Le sujet n’était pas susceptible d’intéresser la majorité d’entre vous. (Je m’étais visiblement trompé, j’avais eu une très bonne surprise en découvrant les statistiques d’écoute et de lecture). Là, aujourd’hui, avec Méleyne pour nous parler d’alimentation, un tel risque tombe à zéro ou presque. Ce qui est d’autant plus intéressant avec le retail, ici l’alimentaire, c’est qu’il est en fait d’une affreuse complexité. Nous savons tous choisir entre le dernier Yoplait ou la banane à deuxEuros le kilo, mais nous sommes très peu nombreux à imaginer les milliers de tâches et les réponses à autant de questions pour pouvoir tendre le bras dans un rayon et jeter nonchalamment le produit choisi dans notre caddie. En l’occurrence dans l’épisode qui nous concerne aujourd’hui, j’ai découvert que le caddie et ses copains digitaux ne représentent que 14% du gaspillage alimentaire dont tout Too Good To Go s’est fait l’adversaire.

Le colibri

Alors où sont les 86% autres ? Et puis 86% de quoi ? Et bien, 86% de 40%. Environ 40% de la nourriture produite dans le monde est gaspillée. 

Pour vous donner un ordre de grandeur de ce gaspillage, il représente 10% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Si le gaspillage alimentaire était un pays, il se placerait au troisième rang des pays les plus pollueurs de la planète derrière les Etats-Unis et la Chine.

En sauvant aujourd’hui 4 repas par seconde sur les 40 000 que représente mondialement ce gâchis, Too Good To Go ne sauvera pas la planète. Elle est ce colibri d’une légende amérindienne racontée plus bas qui apporte quelques gouttes d’eau à cet incendie qui attend d’être éteint. Elle fait sa part.

Elle fait un peu plus que cela. Elle nous dit comment être à notre tour ce colibri. 

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 5 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Le podcast de la semaine

Meleyne Rabot, Directrice Générale

Too Good To Go

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Too Good To Go : le colibri face au gaspillage alimentaire