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2 milliards d’individus, et moi, et moi et moi!

Je n’ai jamais servi une société qui conçoit, fabrique, installe ou entretient des ascenseurs, mais j’ai ma petite idée sur leur ambition : faire en sorte que leurs usagers ne se rendent pas compte qu’ils utilisent leurs services. Prendre un ascenseur est une expérience qui par essence, sauf exception, doit être transparente. 

Nous prenons l’ascenseur comme nous respirons : sans y penser, tout le temps, tous les jours. Il a fallu que je me rapproche de la mer ces derniers jours pour réaliser que je n’en avais pas emprunté un seul depuis une semaine. Fallait-il le plat de l’océan et son va et vient horizontal pour que je prenne davantage conscience de celui du jour tout en verticalité ? 

Schindler, dont j’interviewe le PDG France et Afrique du Nord Philippe Boué aujourd’hui, déplace 2 milliards d’individus tous les jours dans le monde. Heureusement qu’ils sont rares les passagers à appuyer sur le bouton de la sonnette pour demander la sortie en s’adressant à des petits trous percés dans un plaque de métal. Un seul pourcent de cette population se trouvant en panne et c’est 20 millions de personnes qu’il faudrait aller délivrer tous les jours !

Le 7ème art

Depuis que nous pouvons nous déplacer à la verticale par la seule force électrique, il n’est pas un film qui ne fasse référence à ce passage de quelques secondes qui pourtant compte tant. Que vous soyez amateur d’action, d’aventure, de comédie, de science-fiction ou d’horreur, vous n’y échapperez pas, l’ascenseur trouvera sa place à un moment donné ou un autre sur l’écran. L’ascenseur est partout dans le 7ème art. Je vous propose un extrait de film plus bas y faisant référence, mais il y en a des milliers, peut-être des millions.

Prendre l’ascenseur est tout simplement une tranche de vie. Une tranche de vie un peu particulière qui ne dure que quelques secondes, mais une tranche de vie tout de même. Que n’avons-nous pas pensé, dit ou fait dans un ascenseur ?

Si vous me lisez depuis quelques temps, vous savez que j’ai croisé une jeune femme qui allait devenir mon épouse en me dirigeant vers le bâtiment de mes études post bac. Elle allait dans un sens, j’allais dans un autre. Elle comme moi nous rappelons très bien de cet instant. Je l’avais regardée comme on regarde tout étranger qui s’avance seul vers vous sur un trottoir désert. Elle m’avait dévisagé pensant que j’avais été trop insistant. « Ne me regarde pas comme cela » s’était-elle écriée intérieurement. C’est seulement que je l’avais vue arriver de loin et ma myopie m’avait fait froncer les sourcils tout en tentant d’améliorer la netteté de l’image. Bref, ma curiosité naïve m’avait fait passer au mieux pour un nigaud, au pire pour un charo, mais certainement pas comme quelqu’un de tout simplement myope !

Mon indiscrétion l’avait tout de même forcée à me regarder. J’avais dû lui plaire un peu puisque lorsque nous nous croisâmes la seconde fois dans l’ascenseur, elle prit l’initiative de la parole. (Voilà un détail auquel j’aurais dû attacher plus d’importance, il disait déjà beaucoup de la suite…). J’appris plus tard qu’elle m’avait menti sur l’étage où elle se rendait. Elle avait voulu m’accompagner quelques secondes de plus. Nous échangeâmes quelques banalités, le temps pour elle de se faire un avis un peu différent sur moi et pour moi de confirmer ce que j’avais entraperçu quand dehors elle portait un vieil imperméable qu’elle avait dû emprunter à sa mère, peut-être même à sa grand-mère. 

Le parfum

Là, espacés de seulement quelques dizaines de centimètres, j’avais pu la regarder sans la dévisager. Corinne se moquait décidément royalement de ses habits. Il fallait qu’elle s’enlaidisse un peu pour masquer tant bien que mal ce que tout le monde pourtant pouvait voir, et moi particulièrement en cet instant. Je ne veux pas paraître présomptueux ici, un mari ne dit jamais aux autres que sa femme est belle. Mais vous continuez de me le dire et mon épouse entre dans l’âge où elle a besoin de l’entendre. Elle voudrait faire mentir Ronsard. Je tente quant à moi de la convaincre qu’il ne faut jamais trop croire les poètes. Je suis surtout comme tous les hommes de la Terre, rien de très original au fond : je lui rappelle ma profession de foi chantée par Kaas plus bas dans cette lettre.

Prendre l’ascenseur est un exercice social. Nous nous regardons tous et gardons pour nous nos remarques. Je m’étais bien gardé de dire à cette jeune femme ce que j’avais pensé d’elle à ce moment-là. Idem pour elle. A moins d’avoir les pouvoirs spéciaux de Mel Gibson plus bas, nous n’entendons pas les pensées de nos voisins. C’est tant mieux même s’il fallait une comédie pour évoquer l’éventualité. Et puis nous pensons aussi beaucoup entre deux étages comme nous pensons le plus souvent dans le secret d’une salle-de-bain ou de la chambre. Suis-je bien coiffé ? Mon chemisier est-il bien ajusté ? Et m…, j’ai oublié de cirer mes chaussures ! Cette ride, là, je dois pouvoir l’atténuer. 

Dans cet ascenseur qui nous transportait vers la balustrade la plus haute, j’avais pu aussi écouter Corinne brièvement, et dernier détail qui n’en est un pour personne, j’avais senti son parfum. Dans un ascenseur, les parfums se révèlent comme nulle part ailleurs. L’ascenseur est un lieu intime et je n’aurais pas pu écrire ces lignes sans vous dévoiler, un peu, de cette intimité. Votre mari, votre épouse, votre mec, votre copine, vous l’avez déjà embrassé dans un ascenseur. Vous avez peut-être même fait un peu plus que cela quelques fois.

Mais tous les jours, en entrant dans cet ascenseur déjà occupé, vous avez demandé en souriant à la personne se tenant près de vous d’appuyer sur le « troisième s’il-vous-plaît ». Les portes se sont refermées. Petite secousse ou pas de secousse du tout, juste la sensation d’une faible accélération. Vous voici en voyage. Vous avez échangé le bout de gras avec votre voisin, vous avez regardé cet autre inconnu, vous lui avez souri par politesse, sans trop en faire, vous avez peut-être eu le temps de vous perdre dans vos pensées. Inlassablement, comme à chaque fois, vous avez regardé défiler les numéros. Là, les portes se sont rouvertes. Le plus souvent, vous vous êtes excusés pour sortir. Dans un ascenseur, on se frôle mais on ne se touche pas. Rien à voir avec le métro ou le RER. Vous n’avez pas regardé la porte se fermer derrière vous. Evidemment qu’elle va se refermer, quelle question ! 

Et puis vous vous êtes dirigés vers la nouvelle porte qui vous attend. 

Pendant cette courte parenthèse de vie, entre le rez-de-chaussée et le troisième, des milliers d’hommes et de femmes travaillaient à ce que vous vous concentriez sur votre demande d’appuyer sur bouton « 3 », sur votre discussion avec votre voisin, sur votre sourire à cet inconnu, sur vos pensées, sur cette prochaine étape qui vous attend derrière cette nouvelle porte qui vous attend.

Ces hommes et ces femmes, ce sont Schindler. 

Rien de clinquant, rien de waouh chez eux. Ils veulent d’abord que votre voyage sous leur commandement se passe sans même que vous y pensiez. Ce podcast de la semaine ne vous permettra pas seulement de découvrir comment ils parviennent à être redoutables d’efficacité tout en se montrant discrets. Il est une façon toute simple de leur dire ce que nous n’avons jamais l’occasion de leur dire: merci.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Schindler, l’invisible au quotidien

Philippe Boué, CEO France & North Africa de Schindler

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