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Un piano !

Il y a un piano dans le bureau de Paola Fabiani que j’interviewe dans l’épisode de la semaine. Pour moi cela veut dire beaucoup. 

Cela a été l’une de mes toutes premières remarques quand après avoir serré la main de Paola nous sommes entrés dans son espace de travail. Rien d’extraordinaire, mais beaucoup de personnalité et une atmosphère chaleureuse se dégagent du lieu. Un beau bureau sans rien de clinquant avec quelques objets personnels étalés ici ou là, une commode sur sa droite où repose une théière qu’elle a lancée au moment où je me suis assis face à elle, un canapé agrémenté de quelques coussins façon chez soi en plus de deux fauteuils sans accoudoirs qu’entourent une table basse recouverte de livres en tous genres – on imagine assez facilement quelques réunions et discussions autour d’elle – et ce fameux piano droit.

« Ah génial un piano !» m’exclamai-je quand mon regard se porta sur l’instrument.

« J’y jouais souvent au début pendant les réunions d’équipe » me lança-t-elle avec l’un de ses premiers sourires. Ils seront nombreux pendant notre rencontre. Il n’y avait dans sa voix ni regret ni amertume, seulement le souvenir de bons moments qui, à ce que j’ai compris de l’intonation de sa voie, ne dataient pas d’hier. Ce piano dans ce bureau, c’est la joie de vivre de Paola, c’est aussi un peu un sablier qui n’a jamais fini de s’écouler, une horloge qui vous dit qu’après plus de 20 ans d’expérience professionnelle, si la vie professionnelle était une journée, il serait déjà bientôt midi. Paola, tu devrais te remettre à jouer pour ton équipe, crois-moi. On ne joue pas seulement au début de la journée, on ne joue pas seulement au commencement de sa vie professionnelle. Il n’y a pas d’heure pour jouer au piano. Il n’y a pas d’âge non plus.

Le secret

C’est très tôt dans cette unique journée de 24 heures qu’est la vie en entreprise que Paola a pris son destin en main en créant Wisecom, un centre d’appel franco-français au cœur de Paris. Il fallait l’oser au moment où le marché explosait au Maghreb, en Europe de l’Est et Asie, là où les coûts de main d’œuvre étaient et sont encore significativement inférieurs à ceux en France. Elle a dû en passer des heures sur ce canapé à discuter de son lancement, de ses offres, de ce qui fait l’unicité de Wisecom, de ce que l’on appellerait bien des années après l’ESG. Elle a dû en jouer des morceaux sur ce piano, emballée par ses projets et embarquant son équipe. 

Paola s’apprête à se lancer à l’international. Nouvelle aventure, nouveau canapé, nouvelle théière. Nouveau piano aussi j’espère pour elle et celles et ceux qui l’accompagneront là-bas, dans ce pays qu’elle n’a pas souhaité me révéler. Un secret est un secret. Nous le découvrirons ensemble, l’intérêt d’un secret est d’être un jour dévoilé.

Paola fait partie de ces dirigeants qui dorment peu, forts d’une énergie rares et mais peut-être faibles aussi de ne pas savoir dire non. Alors quand vous êtes entrepeneur à succès, travailleuse (les deux vont souvent de pair), naturelle, sympathique, comprenant vite, riche de valeurs et de convictions, vous êtes rapidement l’objet de nombreuses sollicitations. Paola est comme vous et moi, elle doit bien présenter quelques défauts, mais elle les cache bien. Le Medef l’a repérée en même temps qu’elle a commencé à se dire qu’être entrepreneur c’est bien, mais qu’elle pouvait donner davantage. La première marque du caractère de Paola m’a semblé être la générosité. La voici devenue Vice-Présidente et porte-parole de la première association de chefs d’entreprises en France. 

Comme Paola a encore un peu de temps entre 2h00 et 3h00 du matin, elle préside désormais le Comex40, cette organisation au sein du MEDEF constituée exclusivement de dirigeants de moins de 40 ans qui incube et accélère certaines actions au sein de l’association.

Et puis elle s’implique aussi à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ile-de-France. Dans quelques autres associations aussi. Bref, elle n’arrête jamais.

Quand dort-elle ? Je lui ai posé la question. Elle a rigolé avant de répondre. Elle sait peut-être que cette fameuse vie professionnelle ne dure que quelques heures et qu’il faut en goûter chaque instant. Elle mourra sur scène comme le souhaitait Shakespeare qui savait bien avant elle que la vie ne vaut que si elle est vécue.

La curiosité, ce vilain défaut

Rencontrant pour la première fois le Medef, j’étais doublement curieux. Curieux d’abord de mieux connaître ses missions, son organisation et son fonctionnement. Curieux de connaître ensuite la perception que l’organisation syndicale se fait du pays. Nous avons donc abordé les deux sujets. 

Si comme moi vous n’aviez jamais pris le temps de découvrir le Medef au travers de son site internet, écoutez Paola. En quelques minutes, vous aurez fait le tour de la question. C’est ainsi que j’ai découvert que 70% des adhérents à l’association sont des TPE et PME, bien loin de l’image que je me faisais, et donc de celle que vraisemblablement de nombreux Français se font d’elle.

Paola évoque aussi la gouvernance que le Medef joue dans les organes dits paritaires, ces objets un peu spéciaux dont nous avons le secret et qui opèrent certains des plus grands piliers de notre solidarité nationale. Nous en reparlerons bientôt dans ma prochaine rencontre avec Bruno Angles, Directeur Général de AG2R la Mondiale.

Parce que j’avais en face de moi quelqu’un dont le thermomètre du pays est à jour en même temps que très divers, j’ai tenté de prendre le temps de discuter de l’état économique et social de la France. C’était trop ambitieux ou pour le dire autrement, qui trop embrasse mal étreint. J’ai découvert dans cet épisode que la maxime s’applique aux thèmes abordés avec mes invités. D’une certaine manière, je suis heureux d’en avoir fait l’expérience avec Paola. Je ferai davantage attention la prochaine fois. 

Nous nous reverrons donc avec le Medef j’espère pour discuter de ce qui fait nos joies, nos peines et nos espérances clamées sur les réseaux, dans la rue et plus récemment dans les champs.

M. Raffarin disait de la transformation de la société française qu’elle était une route droite mais que la pente était forte. Il évoquait alors la décentralisation du pays, façon de dire qu’il savait où il allait mais que ce serait difficile. Je veux bien le croire. Mais le monde a un peu changé et c’est peut-être ce qui me semble le plus manquer aujourd’hui, une direction, une route, un chemin clair qui mène à un modèle de société que nous cherchons dans ce podcast. Paola le dit avec ses mots : « Je n’ai sûrement pas la réponse magique » quand je lui demande ce qui explique la pauvreté grandissante en France. Elle le dit à titre personnel, mais je ne serais pas surpris que son Président dise la même chose au nom du Medef. Il va falloir lui poser la question.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Le podcast de la semaine

Paola Fabiani, Fondatrice & Vice-Présidente

WISECOM & LE MEDEF

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Un piano dans le bureau : le leadership selon Paola Fabiani