Ce podcast est sponsorisé par BlueBirds

Logo sponsor Bluebirds   AccueilContact

Ma tartine de confiture

30% de l’empreinte carbone de notre joli pays serait d’origine alimentaire nous indique Olivier Blangeard dans l’épisode du jour. Olivier dirige Flora Food Group en France et en Belgique.

Le chiffre me paraissait vraiment grand. Je suis allé vérifier sur le site du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Transition Ecologique. A peu de choses près, Olivier est dans le vrai : 24% nous dit plus précisément le Ministère.

Moi qui vous parle souvent d’énergie nucléaire ou d’économie de l’essentiel, voilà un moyen de limiter le réchauffement de la planète: manger différemment donc moins carné. C’est même notre tout premier domaine d’action devant l’habitat puis la mobilité. Ces trois domaines de consommation couvrent les deux tiers de notre empreinte carbone.

Me surprenant parfois le soir à allumer la télévision dans un geste que mes enfants et probablement les vôtres ne reproduisent déjà plus, il m’arrive de tomber sur France 2 à l’heure du journal. Après la météo qui varie selon les vents et notre humeur, la chaîne nous informe quotidiennement du climat. Lui ne varie pas à l’échelle de la journée heureusement, ce qui m’amène à me lasser de ce matraquage. La planète se réchauffe et c’est un drame. Faut-il nous le rappeler tous les jours comme je le fais ce matin avec vous? 

L’avalanche

Nous avons tous notre hiérarchie propre des bonheurs et des malheurs de notre temps. Le climat figure en bonne place dans le classement du côté obscur de la force. Des sociétés entières ont changé leur portefeuille de produits et de services pour cela. D’autres sont nées pour résoudre ce problème. Je vous prie de bien vouloir m’excuser auprès de celles et ceux parmi vous qui l’ont mis au pinacle de leur attention, mais ce n’est pas mon cas. Ma sensibilité n’est pas meilleure que la vôtre, elle n’est pas plus proche de la réalité non plus. Elle est seulement différente. Pour être tout à fait honnête avec vous et avec moi, j’ai même tendance à penser que nous en faisons trop. L’écologie s’est emballée comme une boule de neige en début de pente. Elle est devenue avalanche. Elle avale tout, y compris le social et l’économie. C’était un peu le thème de l’épisode de la semaine dernière. A vouloir faire des logements irréprochables sur le plan énergétique, nous les avons rendus inaccessibles au portefeuille de nos concitoyens les plus modestes.

Je suis confiant, l’écologie trouvera la bonne place qui lui est due dans la société. La nature aime les équilibres stables et nous aimons tous la nature.

Le climat est peut-être le premier problème de l’humanité. Il l’est de façon certaine parmi les tous premiers. J’y pense sûrement comme vous régulièrement. Pourtant voyez-vous, il ne focalise pas ma première attention. J’y vois plusieurs raisons. La première est mathématique. L’infographie du Ministère de la Transition Ecologique que je partage avec vous plus haut que je rappelle plus bas dans cette lettre donne plusieurs chiffres que je partage ici. La France a émis ~400Mt de gaz à effet de serre en 2022. Le texte plus bas indique lui ~650 Mt en 2023 si l’on y inclut les émissions de CO2 attribuées à nos importations. Ces deux chiffres sont à mettre au regard des 53,5 milliards de tonnes émises en 2022 par toute l’humanité. Nous représentons donc 1,2% de ces émissions. Si la France venait à disparaitre du jour au lendemain par une forme de magie noire, les émissions de CO2 de la planère diminueraient d’autant. Vous m’accorderez que 1,2%, c’est peu. Le problème planétaire resterait entier. 

55% de l’empreinte carbone des Français est associée à nos importations nous dit encore le Ministère de la Transition Ecologique. Si nous réintégrions localement la production de nos importations, nous réduirions de moitié nos émissions de CO2. Le premier levier écologique de la France est industriel, on ne le répète jamais assez. Voilà qui est fait.

Le colibri (encore)

A regarder ces 650 Mt et dire que c’est peu, je m’expose aux cris d’orfraie de certains d’entre vous. Je pourrais laisser penser qu’il n’y a qu’à laisser faire. « Puisque mettre à zéro nos émissions réduirait de seulement 1% les émissions mondiales, autant ne pas s’enquiquiner à faire d’efforts en ce sens » pourrais-je ainsi laisser penser. Voyez-vous, je ne le pense pas le moins du monde. J’aime bien l’image du colibri que j’avais déjà évoquée dans l’épisode avec Too Good Too Go. Nous aurions peu d’impact à nous agiter comme cet oiseau en train de verser des gouttes d’eau sur un incendie, mais nous aurions raison de le faire. Il faut agir. Goutte après goutte, nous participerions d’un effort qui nous dépasse. Espérons que les Chinois, les Américains et les Indiens joueront le jeu aussi. Un Chinois émet désormais 11,1 tonnes de CO2eq par an contre 3,6 en 1990. Nous, c’est désormais 6,5 t contre 9,3 t en 1990.  Et ils sont un peu plus nombreux que nous.

Je vous le disais en introduction, c’est dans le domaine alimentaire que nous pouvons avoir le plus d’impact. Certains d’entre vous qui me lisent ont changé leur alimentation pour participer à ce combat du siècle : ils ne consomment plus de viande. J’ai moi-même diminué ma consommation animale mais pas au point de m’interdire une entrecôte grillée ou une saucisse au couteau. Comme vous vraisemblablement, je fais ma part d’effort. Je limite mes déplacements dans les airs et connais presque par cœur le plan de métros de Paris. Certains font moins que moi, je ne les juge pas. D’autres parmi vous ne prennent plus du tout l’avion, ont rendu leur voiture diesel pour une électrique et mangent vegan. Je vous dis merci. Ne me jugez pas non plus s’il-vous-plaît.

En rencontrant Olivier me raconter l’alternative au beurre d’origine végétale qu’il commercialise depuis peu, j’ai eu l’impression qu’une nouvelle porte s’ouvrait devant moi. L’âge aidant, je porte une attention croissante à mon alimentation. Je n’ai pas fait seulement que diminuer la viande rouge que je m’interdis désormais au restaurant. J’ai diminué l’alcool aussi, réduit les produits gras. Je continue de m’offrir le matin une ou deux tartines beurrées accompagnées de confiture. Il y a des habitudes que l’on ne change pas. 

Et bien si, justement, voilà une habitude que je pourrais bien changer à l’avenir: troquer le beurre qui agrémente ma tartine matinale par une alternative issue d’huiles de colza et de tournesol. 

Je ne changerais pas le thermomètre de la planète ainsi, mais je ferais, un peu, ma part. 

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

logo bluebirds

Le podcast de la semaine

Olivier Blangeard, Country Manager

Flora Food Group

Écouter l’épisode

Empreinte carbone et alimentation