Ce podcast est sponsorisé par BlueBirds

Logo sponsor Bluebirds   AccueilContact

Mon copain Winston

J’aurais été copain avec Winston Churchill dont j’ai récemment découvert l’une de ses citations : « Plus vous regarderez loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur». Cette citation m’est revenue en concluant l’épisode du jour. J’interviewe Jean-Christophe Machet, PDG de FM Logistic. 

En nous écoutant, vous noterez comment Jean-Christophe fait référence aux pères fondateurs de la société qu’il dirige. Il a tout appris d’eux et fait de son mieux pour le transmettre à son tour. Quand il disparaîtra, il n’y aura pas seulement le sang de la génération qui l’a précédée qui coulera dans les veines de celles qui le suivent, il y aura aussi un peu de l’histoire qu’il nous raconte aujourd’hui. Les générations qui se succèderont à la direction de FM Logistic seront un savant mélange d’inné et d’acquis. Inné des valeurs et de l’ADN des fondateurs, acquis du terrain et de la vie vécue dans leur chair.

FM Logistic est née au siècle dernier et fut rapidement le fruit de plusieurs mariages d’amour que nous raconte Jean-Christophe. Ils étaient trois au départ. Autre époque où vous pouviez vous présenter devant un Grand Groupe et lui dire « Nous allons vous construire votre prochain entrepôt » et de répondre aux intéressés vous opposant que vous ne l’aviez jamais fait « On y arrivera ». Et que ce client vous fasse confiance !

La génération qui suit compte 10 hommes et femmes. Celle qui les suit encore 18. Dans cinquante ans et des poussières, deux nouvelles générations de cette société familiale auront vu le jour. Ils devraient être autour de 100. Cela promet de joyeux repas de famille mais surtout des Comités de Direction et des Conseil d’Administration agités !

Le BSP

J’ai aimé ma rencontre avec Jean-Christophe pas seulement parce que j’avais un passionné en face de moi. Pas seulement non plus parce qu’il nous rappelle que le BSP permet de faire face à de nombreuses situations en entreprise. (Pour savoir ce qu’est la méthode BSP, vous savez ce qu’il vous reste à faire). J’ai surtout aimé ma rencontre avec Jean-Christophe parce qu’il fait constamment référence au passé sans aucune nostalgie et qu’il regarde toujours vers le futur et ce qui attend la société familiale. Les solutions du passé ne sont pas celles du futur mais elles vous apprennent à agir face aux événements qui arrivent. Nous sommes sans arrêt en train de faire référence aux branches des arbres qui nous ont portés. Je ne fais pas exception et vous non plus probablement.

Nous évoquons dans l’épisode du jour plusieurs de ces tendances lourdes qui façonnent le paysage des métiers de FM Logistic. J’ai bien aimé par exemple le rappel de Jean-Christophe s’agissant de l’une d’entre elles, la livraison à domicile. Cette livraison est facteur de coûts additionnels. Nous les payons ces coûts, d’une manière ou d’une autre. Pourtant, pour rien au monde nous ne reviendrions en arrière alors même que beaucoup de nos concitoyens comptent chaque euro. Je rappelle suffisamment dans ces lignes ces difficultés nouvelles pour de nombreux travailleurs de joindre les deux bouts, je ne m’étendrai pas sur le sujet aujourd’hui.

Nous nous attardons aussi avec Jean-Christophe sur les modèles d’approvisionnement de nos sociétés. En résumé, ces modèles se sont appuyés depuis presque toujours sur un triptyque achat au plus bas coût souvent loin des lieux de consommation (i), coût logistique le plus faible également (ii) et stocks au ras des pâquerettes (iii). Pour les lecteurs qui ont fait un tant soit peu de manufacturing ou de supply chain, tout ceci est d’une plate évidence. Cette platitude n’est plus. On nous a suffisamment expliqué je crois les batailles entre pays à qui arriverait à attraper en premier les masques atterrissant de Chine pendant la pandémie.



Les Etats-Unis, futur atelier du monde ?

En devenant l’usine du monde, la Chine est aussi devenue le premier entrepôt au monde. Tout ou presque de ce que nous achetons a traversé la moitié de la planète sur bateau, par train ou encore dans les airs. La supply chain comme le dit Jean-Christophe, c’est 3% à 15% du coût d’un bien, mais c’est 100% du Chiffre d’Affaires. Un produit qui n’arrive pas est une vente manquée. Les ruptures en magasin ou en ligne peuvent soudainement se matérialiser quand un bateau se met de traviole dans le canal de Panama ou prend du retard à l’allumage depuis Shangaï ou Shenzhen.

Le Covid a fait voler en éclat l’équation de l’approvisionnement qui s’est installée après les Trente Glorieuses et les morceaux de cette équation ne sont pas près d’être recollés.

La logique environnementale veut évidemment diminuer le transport. Aucun doute, la suppy chain jouera son rôle dans notre décarbonation.

Et puis les frontières du monde se referment dans une forme de mauvais film à remonter le temps. A la confiance du commerce international orchestrée par l’OMC succède la défiance mondiale alimentée par les deux superpuissances de notre temps. Coincée entre elles deux, l’Europe veut encore croire au paradigme d’un monde ouvert comme il l’était pendant la seconde moitié du XXème siècle. Sa géopolitique n’est pas encore celle du XXIème. Elle se laisse donc pour l’instant manger dans l’attente de son réveil. Son sursaut est censé arriver le 26 février prochain, j’en parle déjà dans la lettre mensuelle que nous avons envoyée à tous les contacts de BlueBirds jeudi dernier.

La géopolitique de notre siècle commence déjà à redessiner les cartes des flux de marchandises. Le dernier exemple m’a laissé sans voix. Le 4 février dernier, les Etats-Unis interdisaient la livraison par leur banque postale nationale (USPS) des colis en provenance de Chine. Ils se ravisaient quelques heures plus tard. Lisez l’article dans les Echos sur le sujet, c’est tout à fait passionnant. Cet épisode illustre que les flux de marchandises Chine vers Etats-Unis ne sont plus un acquis à l’avenir. La plupart des industriels le savent désormais. Leur BSP leur dit de diversifier leurs lieux de production et d’approvisionnement aujourd’hui installés dans l’empire du Milieu.

Ce même BSP leur dirait probablement d’aller voir du côté des Etats-Unis pour y installer leurs usines ou y chercher des fournisseurs. Les US ont capté 29% des investissements industriels mondiaux en 2024. C’était 10% à 14% dans la période pré-Covid. Les chiffres sont inversés pour la Chine qui attirait 27% à 30% des investissements industriels pré-Covid et n’en a attiré que 7% l’année dernière. Mesure-t-on vraiment ce basculement en cours ? On ne change pas les habitudes d’investissement de la planète entière en l’espace de quelques mois. C’est pourtant ce qui est en train de se produire. Nous en avons largement parlé avec David Cousquer et Guillaume Caudron dans notre webinar la semaine passée. Vous pouvez nous écouter plus bas.

Les Etats-Unis ne sont pas près de devenir le nouvel atelier du monde mais ils ont décidé bien avant que M. Trump n’en remette une couche qu’ils se remettraient à produire sur leur sol. Moins de Chine et plus d’US, voilà une tendance qui occupera de plus en plus FM Logistic dans les prochaines années. Et il y a matière !

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

logo bluebirds

Le podcast de la semaine

Jean-Christophe Machet, PDG

FM Logistic

Écouter l’épisode

La logique environnementale dans la supply chain