Ce podcast est sponsorisé par BlueBirds

Logo sponsor Bluebirds   AccueilContact

Ask for the moon

C’est peu de dire que les choses vont plus vite aujourd’hui qu’hier et s’il y a bien un domaine qui raconte cette accélération, c’est l’innovation.

La Toyota Prius, la Golf de Volkswagen ou encore la Tesla S lancée en 2012 ont nécessité environ 4 ans de développement et d’essais avant d’être commercialisées. Cette durée a été divisée par deux en 10 ans pour les véhicules arrivant aujourd’hui sur le marché.

Dans le secteur pharmaceutique, les laboratoires mondiaux se tournent vers les petites pousses qui développent des technologies ciblées. Au risque de vous rappeler quelques mauvais souvenirs, BioNTech a été accompagnée par Pfizer pour damer le pion à Sanofi et à d’autres dans la course au vaccin contre le Covid. Les rachats de start-up par les big pharma sont désormais légion. Les premières vont parfois tout simplement plus vite que les secondes. C’est cette vitesse couplée à des résultats commerciaux et/ou thérapeutiques en phases de tests que les grands groupes achètent.

Tous les secteurs économiques sont concernés par cette accélération. Dans l’aéro, le spatial, l’énergie, l’environnement, le luxe, et bien sûr la tech, tous les acteurs de tous les secteurs innovent de plus en plus vite au risque sinon de disparaître.

Et puis nous sommes de plus en plus rapides à assimiler les nouveaux produits et services qui nous sont proposés.

Et naquit l’IA

Démocratisée seulement après la guerre, il aura fallu 50 ans pour que la télévision atterrisse dans tous les foyers. Le réfrigérateur suit à peu près la même courbe : 50 ans pour conserver nos légumes, la viande et nos Danettes. Le téléphone ira un peu plus vite : 40 ans. La télévision couleur : 30 ans. Le micro-ondes : 20 ans. Le téléphone portable : 10 ans. ChatGPT a convaincu 100 millions d’utilisateurs à travers le monde en quelques semaines. 

L’IA générative n’est pas seulement la troisième ou la quatrième révolution industrielle (historiens et philosophes se battent pour savoir si nous en serions à trois ou quatre, je vous épargne leur querelle), elle est une innovation qui nous fait passer de l’accélération à l’instantanéité. 

Je me souviens comme si c’était hier des discussions que nous avions en interne chez mon premier employeur. Il était riche de jeunes hommes et femmes bien diplômés pouvant aider quelques grands groupes à aller plus vite sans trop se tromper. On y faisait un peu de stratégie et beaucoup de slides. Je m’y sentais bien. Je regardais mi envieux mi interrogatif ces consultants quitter un bon salaire et devenir entrepreneurs dans le web. Je ne savais pas trop quoi en penser. Nous sentions tous qu’il se passait quelque chose, mais c’était difficile de savoir où tout cela mènerait. J’aurais bien pris mon baluchon à ce moment-là pour en suivre un ou deux, mais j’avais eu du mal à l’époque de me convaincre que l’on pouvait valoriser une société sur un nombre de clics ou de vues sur un site internet. Je n’étais pas assez fou ou clairvoyant pour me lancer. Nous étions en 2000. 15 ans plus tard, la folie allait me rattraper. La clairvoyance, je ne sais pas.

J’observe l’avènement de l’IA avec des yeux un peu usés par les écrans mais avec un regard neuf aussi. Je suis comme vous probablement. Je lis, je regarde quelques videos. Je suis quelques conférences et formations sur LinkedIn. Je fais comme je peux pour l’infuser chez BlueBirds. Comme toutes les sociétés de la planète, nous nous y sommes mis. Nous pourrions faire davantage, ce ne sont pas les idées qui manquent. Parfois, rarement, je suis invité à écouter quelques cabinets experts. C’est toujours pour moi un moment d’excitation mêlé d’étonnement et osons le dire ici, d’angoisse.

Sean Ekins 

C’est en découvrant Sean Ekins PDG de Collaborations Pharmaceuticals que j’ai pris conscience l’été dernier du basculement que nous vivions. En une nuit, un peu malgré lui et à la suite d’une invitation suisse hasardeuse, son logiciel élaboré à base d’IA avait réinventé les pires poisons que l’humanité ait connues. Il avait aussi élaboré d’autres molécules encore inconnues toutes plus toxiques les unes que les autres. Tout cela en une nuit! Quelques jours plus tard, il était convoqué à la Maison Blanche après avoir fait la une de tous les journaux américains. Donc pardon, oui, l’IA me fait un peu peur. Je me rassure en écoutant Bobby McFerrin ou en regardant les oiseaux bleus de Bob Marley ci-dessous.

Comme toutes les technologies, nous assimilerons l’IA. Mais il ne fait aucun doute que nous changeons d’ère industrielle avec elle. Nous changeons probablement d’ère tout court. Luc Ferry que j’écoutais il y a quelques jours sur invitation de NMCG le dit avec ses mots : « C’est la première innovation qui remet en cause l’humanité. »

Tout ne va pas plus vite désormais contrairement à ce que j’écris plus haut. Tout apparaît comme par enchantement instantanément ici ou là : nouvelles technologies, nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux process. Tiens, le dernier que j’ai trouvé sympa découvert lors du salon Global Industry cette semaine : ask for the moon. Ou encore Bonx, l’ERP de manufacturing en no code : complètement dingue ! 

Rien ne nous a préparé à cette instanténéité. Ni vous ni moi ne sommes prêts. Encore moins nos systèmes de gouvernance communs. La taille de nos départements a été calée sous Napoléon pour qu’un cheval puisse en joindre deux extrémités opposées en une seule journée. A quoi ressemblera l’administration d’un Etat dans un monde où l’IA est partout? Je n’ose poser la question aux locataires du 126 rue de l’Université. Et je sais par avance que c’est le silence que j’entendrai aux Invalides

Dans cette explosion des innovations de notre quotidien en forme de bing bang, aucun grand groupe ne peut suivre. Même les 45 milliards de dollars investis par Alphabet en R&D en 2023 n’y suffisent pas. Et les innovations que ces start-ups font émerger de leurs génials cerveaux cherchent au plus vite leurs premiers clients. Demain il sera trop tard et hier c’est déjà le Moyen-Age.

C’est là que Paul fondateur de Raise Lab interviewé cette semaine intervient avec son équipe. Ils marient ces deux mondes. Celui de ces entreprises mondiales qui savent mieux que quiconque que l’instantanéité ne souffre aucun retard. Et l’autre, celui des jeunes et petites sociétés férues d’inventions, conscientes qu’une innovation sans chiffre d’affaires, cela fonctionne avec quelques modèles économiques mais que le chiffre d’affaires, c’est quand même pas mal. En un mot, Raise Lab aide les grands groupes à innover avec l’aide de start-ups.

Comment fait-il ? 

Je ne sais pas bien. 

Vous en saurez un peu plus mais pas au point de tout savoir, même après nous avoir écouté, lui et Stéphanie Zolesio. Stéphanie porte la voix des grandes sociétés dans l’épisode de la semaine. Elle est DG de Casino Immobilier & Fintechs. Paul est pudique et discret même et surtout parce qu’il accompagne les plus grands. 

Voilà un métier que j’aurais bien voulu exercer !

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

logo bluebirds

Le podcast de la semaine

Paul Jeannest, Fondateur & CEO

RaiseLab

Écouter l’épisode

innovation