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Le premier jour du reste de notre vie

Je redécouvre depuis peu les secteurs économiques des laboratoires pharmaceutiques et de la santé. 

Mes seules expériences professionnelles dans le secteur remontent à bien longtemps. J’avais notamment découvert près de Rome, mais pas le week-end, les usines automatisées de Janssen Cilag. Je m’étais étonné de ces opérateurs qui arrivaient à l’usine habillés comme pour un défilé. Prada, Gucci, Balenciaga et autres marques de luxe semblaient avoir sponsorisé ces ouvriers d’un genre nouveau pour moi en charge de mettre sous blister des gellules destinées à rejoindre notre armoire à pharmacie. Ils passaient par les vestiaires et se retrouvaient habillés en blanc de pied en cap avec surchaussures et tout le tsoin tsoin. Les lunettes de soleil noires, les chemises ouvertes et les décolletés avaient fait place aux charlottes blanches, aux chemises fermées à manche longue et à l’indifférence de ce qui distingue l’homme de la femme. Déjà, les robots se baladaient dans les couloirs.

Mais une expérience ou deux à optimiser des machines fuyant la poussière, les bactéries et les virus ne fait pas de vous un expert. Surtout quand ces projets se sont déroulés il y a 20 ans. Me voilà depuis quelques mois à replonger. 

Ce qui me frappe en premier lieu c’est évidemment la différence des problématiques rencontrées par les laboratoires d’une part et celles de ces cliniques et hôpitaux qui se fournissent chez eux d’autre part.

Les premiers se portent bien. Faut-il vraiment s’en réjouir ? C’est que les patients sont toujours plus nombreux et de plus en plus malades. Ils nécessitent de plus en plus de soins. 

Les seconds, les acteurs de la santé, eux, on connaît la musique, au moins en France. Ils seraient malades au point de nécessiter des soins intensifs. « If, qui est le fautif ? » se demande comme moi Charlotte Gainsbourg. Là encore, il n’y a pas matière à se réjouir. 

Physical

Sans grande surprise donc, la maladie, la chirurgie, les soins ne sont pas vraiment motifs à faire la fête. Me voilà bien en peine d’être léger ce matin. Les étudiants en médecine dont les soirées mémorables traversent les âges le pressentent mieux que quiconque. Il faut goûter chaque seconde de vie la nuit pour le jour faire face à la souffrance et tenter d’y remédier. Ces étudiants ont dansé quelques temps avec ma fille sur les airs de Dua Lipa. C’est physique, ils croquent la vie à pleine dents.  Ils savent que sauf surprise, elle durera environ 80 ans cette vie. En 1850, à peu près au moment où Verdi écrivit la Traviata dont l’héroïne souffre de tuberculose, l’espérance de vie était de l’ordre de 40 ans. Si vous êtes amateur de musique classique, allez découvrir l’histoire personnelle de Verdi. La maladie et la mort lui ont très tôt appris à aimer la vie. Vous écouterez différemment la Traviata après avoir traversé la biographie du génie italien. 

Des lieux qui disent

Ma récente plongée un peu sérieuse dans le secteur de la santé remonte à cet été. J’y ai lu le dernier ouvrage d’Edouard Philippe Des lieux qui disent. Il consacre un chapitre entier à l’hôpital Charles-Nicolle à Rouen, prétexte pour lui d’aborder les problèmes rencontrés par la santé en France. L’avantage de lire un ancien chef de gouvernement, c’est que vous savez que vous embrasserez en quelques pages la photographie du pays tout en entier.

Comme souvent chez notre ancien Premier Ministre, la parole est mesurée et saupoudrée de quelques pincées d’autodérision. C’est par ailleurs remarquablement bien écrit. Mais si j’évoque aujourd’hui le futur candidat à la Présidence de la République, vous vous doutez bien que ce n’est pas pour évoquer ses talents d’écriture.

Si comme moi vous vous faites une idée de l’état de notre système de santé par les media et quelques articles lus ici et là, courrez lire le troisième chapitre de Des lieux qui disent. On y apprend beaucoup. On y découvre la complexité du problème. Et on y casse aussi pas mal de préjugés. Je me garderai ici de tenter de le résumer, ce serait un peu long, moi qui suis toujours trop bavard dans ces lignes dominicales. Mais si je peux vous donner envie de lire le livre, cet edito aura un peu fait son job. Voici donc quelques mots d’Edouard Philippe.

« Se plonger dans les chiffres de la démographie médicale, c’est constater la hausse aussi vertigineuse qu’insoupçonnée du nombre de médecins. Ils sont en 2023 environ 226000. En 2000, ils étaient 200000 ; en 1980 environ 100000 et en 1968 environ 60000. En 1930, on comptait 30000 médecins en France. En à peu près un siècle, la population française est passée de 41 millions à 67 millions d’habitants et le nombre de Français par médecin de 1366 à 296 ! […] Reste qu’il manque des médecins, ou plus exactement qu’il est difficile d’avoir accès à un médecin généraliste ou spécialiste, dans la plus grande partie du pays et pour l’immense majorité des Français. »

Réalisant à quel point l’image que me faisais de notre système de santé était biaisée avant ma lecture estivale, j’avance avec une précaution redoublée dans la découverte du secteur pharmaceutique. Ils sont nombreux les clichés attachés aux acteurs qui conçoivent et fabriquent ce qui atterrit à la fin dans notre sang. Il fallait donc une forme de courage pour Renaud Sermondade de répondre à mes questions cette semaine. Renaud dirige l’activité injectables d’Aptar Pharma. Quand vous vous aspergerez la gorge d’un spray l’hiver prochain, le liquide vaporisé n’aura pas été conçu par Aptar. En revanche, le vaporisateur, lui, viendra d’eux. Vous avez forcément un produit Aptar dans votre armoire à pharmacie.

Le moine shaolin

Renaud savait avant d’accepter de me rencontrer que la parole d’un dirigeant dans le secteur pharmaceutique compte bien plus que dans d’autres secteurs marchands. C’est ce qui explique vraisemblablement mes difficultés et celles d’Agnès de convaincre des CEO de laboratoires de répondre à nos questions. Il va nous falloir davantage de patience et un argumentaire probablement un peu différent pour que nos invités acceptent notre invitation. Je suis confiant, le temps vous le rend bien quand vous savez l’attendre.

En écoutant Renaud, vous découvrirez un dirigeant comme je les aime. Avec une parole prudente certes, mais avec une parole vraie. Fidèle aussi à ce qu’il est et à ses rêves de toujours. Enfant, Renaud rêvait de devenir moine shaolin : il vivra en Chine et parle mandarin.

Venez découvrir avec Renaud et moi un épisode passionnant.

Plongez avec Renaud et moi dans un secteur en pleine révolution depuis qu’une pandémie a frappé à la porte de la planète en 2020. Depuis ce jour, plus que jamais, nous avons pris conscience qu’aujourd’hui est le premier jour du reste de notre vie. Nous avons pris conscience de beaucoup d’autres choses aussi, y compris et surtout dans les secteurs pharmaceutique et de la santé.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Le podcast de la semaine

Renaud Sermondade, PDG

Aptar Pharma

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industrie pharmaceutique