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Servir la terre

« Der Mensch ist, was er isst. » Nous sommes ce que nous mangeons.  Cette phrase vient d’un philosophe allemand du XIXème siècle, Ludwig Feuerbach.

C’est tardivement dans ma vie que j’ai pris conscience de cette évidence. Mes premières lectures liées à l’alimentation remontent à David Servan-Schreiber qui expliquait dans son best-seller les bénéfices d’une alimentation saine et réciproquement les méfaits d’une alimentation plus douteuse. Nous sommes ce que nous mangeons. Cette phrase est géniale. Elle est d’une évidence plate et pourtant nous dégustons sans nous forcer des aliments que nous savons à éviter. On nous le dit à la télévision, à la radio, partout. On nous l’écrit dans des magazines. On nous le rappelle à chaque coin de rue. Mangez sain, pas trop sucré, pas trop salé, pas trop gras, pas trop de viande, des fruits, des légumes. Tout le temps en fait au point que le message sature le peu de bande passante de cerveau qu’il nous reste. Et pourtant…

Pourtant, j’ai avalé hier soir deux crêpes faites maison. Je suis ce matin un peu plus crêpe que je ne l’étais hier. Ces crêpes étaient délicieuses. Aucun doute, je suis meilleur aujourd’hui.

Je dois mon intérêt pour l’agro-alimentaire grâce à une rencontre plus tardive encore que ma découverte philosophico-physiologique allemande. Je la dois à Aurore de Monclin qui a rejoint BlueBirds il y a un peu plus d’un an. Aurore baigne dans cette industrie depuis qu’elle en a été diplômée. Elle m’a convaincu sans trop de difficulté que nous pourrions y grandir. La voilà depuis quelques mois à m’attraper par le coude pour nous rendre chez les industriels dont le métier est de finir dans votre assiette. Avril fait partie de ceux-là.

C’est ainsi que rendez-vous après rendez-vous, rencontre après rencontre, nous en sommes venus à avoir l’opportunité d’interviewer le Directeur Général du Groupe dans un épisode un peu particulier. Nous sommes donc deux à interviewer Jean-Philippe Puig. Et comme avec Renaud Dehareng PDG de Curium, l’épisode est en video. Il est ici : Jean-Philippe Puig, DG d’Avril – Servir la Terre, de la raison d’être à la raison d’agir.

Tout le monde ne connaît pas Avril. Si vous êtes comme moi, c’est l’occasion aujourd’hui de le découvrir. Avril est un Groupe superbe qui doit sa naissance comme beaucoup de nos sociétés à la période d’après-guerre. La population avait eu faim. Elle avait encore faim et il fallait la nourrir. Gardez aussi cette statistique en tête : faute de moyens, un Français sur deux dit sauter passagèrement ou régulièrement un repas.

Je dis souvent à mes enfants qui commencent sérieusement à envisager le début de leur carrière professionnelle qu’il faut être curieux pendant leurs années d’études. « Allez voir le plus de sociétés possibles, cela vous aidera à vous faire une première idée de ce qui vous attire et de ce qui vous attire moins ». Ce conseil, je le leur donne parce que je ne me le suis pas appliqué à leur âge. Je l’ai amèrement regretté plus tard. J’ai découvert des secteurs et des métiers quand il était trop tard pour moi d’y entrer. Je crois sincèrement que l’industrie agro-alimentaire aurait pu me passionner aussi. Ce qui me plaît le plus chez elle, c’est son lien à la nature et à la terre d’une part, et celui à l’homme d’autre part. Il y a une noblesse dans l’agro-alimentaire que l’on retrouve rarement ailleurs. La devise d’Avril est « Servir la terre ». Ces trois mots claquent comme l’évidence de Feuerbach, la poésie en plus.

Ce podcast explore les voies d’un développement économique juste socialement et durable pour l’environnement. Dans cette recherche émerge un concept que j’affectionne de plus en plus, celui d’économie de l’essentiel. Cultiver la terre, nourrir des animaux qui demain nous nourrirons, on trouve difficilement plus essentiel avec la production d’eau, l’éducation, la construction et l’assainissement. Ces industries ont de beaux jours devant elles pour une raison toute simple. Elles sont anthropologiques.

Un bon coup de fourchette

Cela faisait près de 70 ans que nous produisions davantage que nous ne consommions. La balance commerciale agro-alimentaire française entre dans le rouge pour la première fois cette année. Cette balance n’est pas seulement un chiffre exprimé en milliards d’euros. Elle donne notre fourchette à piquer et notre couteau de cuisine à découper. Elle remplit nos verres et nos casseroles. Dans le monde de 2026, il faut être un peu aveugle pour nourrir sa population aux dépens des autres. Si vous tendez bien l’oreille pendant l’épisode du jour, vous apprendrez comment la culture du colza est née en France après un comportement allié post seconde guerre mondiale qui en rappelle d’autres contemporains. Eternelle, l’Histoire se répète.

Pour fabriquer l’huile que vous parsemez au fond de votre poêle et qui finira d’une manière ou d’une autre dans votre gosier, il aura fallu passer par les champs et planter quelques graines de colza, attendre la pluie, attendre encore et attendre jusqu’à la saison de la récolte. Puis recueillir les graines, les nettoyer, les chauffer, les écraser en flocons, les chauffer encore, extraire l’huile, récupérer les co-produits, raffiner l’huile et mettre le tout en bouteille. Enfin convaincre Intermarché, Carrefour et consorts de les acheter et vous convaincre de tendre la main dans les rayons. Et puis petit détail qui n’en est pas un : cuisiner !

Tout cela paraît si facile. Nous n’y pensons plus. Ces gestes ressemblent à la main que nous passons sur l’interrupteur quand nous rentrons le soir à la maison. Nous les faisons machinalement sans nous imaginer le travail et le savoir-faire qui se cachent derrière. Comme j’aime ces industries dont les produits et les services sont si faciles à utiliser et si compliqués dès que l’on s’y intéresse un peu. Je crois que c’est aussi cela qui m’a séduit dans le secteur de l’énergie. Et c’est ce qui me fait aimer l’industrie qu’a dirigée Jean-Philippe ces 14 dernières années. En l’écoutant, vous découvrirez qu’Avril va bien au-delà des marques que nous lui connaissons tous comme Lesieur ou Puget.

Jean-Philippe quitte Avril dans quelques jours. Tout cela est planifié depuis longtemps déjà. Quand on cultive la terre, on ne se presse pas, on a le temps et les saisons pour soi.

Et puis il y a un temps pour tout. Un temps pour créer d’abord. Avril doit son nom à Jean-Philippe. Il lui doit beaucoup plus que cela encore.

Il y a un temps pour grandir ensuite. Avril, c’est maintenant environ 8Md€ de Chiffre d’Affaires. C’est surtout 120 000 producteurs français d’oléoprotéagineux et 26 000 éleveurs partenaires. C’est plus de 60 sites industriels partout en France et d’autres ailleurs dans le monde.

Enfin il y a un temps pour partir. Ce temps est venu. Jean-Philippe continuera d’agir dans le secteur vraisemblablement. Il conseillera le Groupe, ses cultivateurs, ses éleveurs. Peut-être deviendra-t-il l’un d’eux. Peut-être conseillera-t-il nos futurs ministres de l’industrie et de l’agriculture. Peut-être nous administrera-t-il tous lui-même. Peut-être pas.

Je rencontrais Jean-Philippe pour la première fois lors de notre entretien. Peut-être le reverrai-je. Je l’espère. Je me souviendrai d’un homme sans chichi, simple comme je les aime, n’évitant pas les questions qui fâchent. Je me souviendrai d’un homme authentique. Comme toutes ces femmes et tous ces hommes qui servent notre terre et à qui Aurore et moi dédions cet épisode.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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