Le carnaval des animaux
« Le bonheur parfait selon moi ? » se demandait Philippe Noiret. « Le cul bien sur la selle de mon andalou, le nez au vent dans la fraîcheur du matin avec les Pyrénées enneigées au loin. Et mon labrador qui sourit la langue pendante. »
Les animaux aussi sont le bonheur de l’homme, en tout cas du mien. Les vaches, les chevaux, les chiens, les chats, les canards, les oies, les colombes m’ont longtemps entouré enfant. Elles meuglaient, ils aboyaient, miaulaient, caquetaient, elles cancanaient et roucoulaient. J’observais mi- écœuré mi intrigué leurs bouses. Je regardais les chevaux me dévisager se demandant quelle ruade j’allais bien pouvoir faire. Les chats s’en allaient dans les prés et revenaient souvent la gueule pleine faisant hurler les unes et rire les autres. Les canards et leurs petits s’enfuyaient devant mes cris. Les colombes tantôt se laissaient regarder – c’était là le prix de leur féminité – tantôt me regardaient d’un coin de l’œil. C’était là le coût de leur curiosité.
Devos
Confidence pour confidence, j’étais si proche du chien de mes parents dans mes vingt ans que mes amis me donnèrent comme surnom le nom qu’il portait. J’ai donc traîné le sobriquet « d’Igor » pendant des années. Igor était un magnifique braque de Weimar à poils gris. Encore aujourd’hui, plusieurs camarades d’école m’appellent ainsi. Disons-le tout de go, Igor était un peu idiot, pour ne pas dire très con. Prononcez le mot « canard » et son ADN de chasseur allumait tous les signaux d’alerte. Il pouvait être tranquillement allongé dans le salon et entendant le mot « canard », se levait brusquement puis cherchait sous les meubles ou sous la jupe des filles tout ce qui pouvait ressembler à un palmipède. (C’est bien connu, les chiens sont souvent bien dressés mais jamais bien élevés.) Répétez deux ou trois fois le mot magique et il devenait fou, sautait partout, renversait les tapis, courait de pièce en pièce, jappait, dérapait, se renversait puis revenait vers vous la langue pendante et les yeux désolés l’air de dire « je n’ai rien trouvé ! ». Tu m’étonnes. Crier canard à tout moment de la journée était la certitude que nous allions bien rire.
Mon chien, c’était quelqu’un pour paraphraser Devos.
Devenu parent, je n’ai pas échappé aux poissons rouges, et puis aussi au cochon d’inde, au hamster et à deux ou trois autres bébêtes aussi inutiles à vos yeux que merveilleuses à ceux de votre progéniture. J’ai tout de même eu un faible pour notre tortue dont j’aimais à penser qu’elle marchait littéralement sur sa nourriture. Déambulant au milieu du jardin, elle n’avait qu’à tendre le cou pour avaler quelques trèfles agrémentés d’herbe. A choisir, j’aurais été herbivore si j’avais été animal. Moi qui mange ce que je chasse avec mon équipe, je jalouse un peu celle qui se fraie un chemin au milieu de son pain quotidien !
Deux lapins dont vous vous moquerez royalement d’apprendre qu’ils s’appellent Guimauve et Coton habitent le jardin. Eux sont encore vivants, pas la tortue qu’un renard prit pour son quatre-heures. Je vous confirme que les lapins sont d’une bêtise à pleurer, plus grande encore que celle d’Igor, ce n’est pas peu dire. J’ai mieux compris les sketchs des Lapins Crétins depuis que nous hébergeons ces touffes de poils à la maison. J’ai bien proposé un jour d’accueillir des poules pour leur tenir compagnie histoire de recréer un peu l’ambiance d’une ferme. Le conseil familial s’y est opposé : les lapins auraient été susceptibles d’avaler les déjections des gallinacés et d’en succomber. Hurlements à table quand j’expliquais que la mort de Guimauve et Coton aurait fait un agréable ragoût. Chiens mis à part – je dis chien mis à part car les canidés, c’est bien connu, sont les meilleurs amis de l’homme (Ne pas confondre choux et carottes) -, chiens mis à part donc, les animaux de compagnie prennent de votre temps, de votre argent et de votre odorat. Vraiment, ils n’ont aucun intérêt. Mais c’est sympa. Et puis c’est drôle.
Fromage
Les producteurs de dessins animés l’ont bien compris et donnèrent vie à tout ce qui a quatre pattes, trottine, rampe, vole et nage pour notre plus grande joie. Nés en pleine jungle, sur l’antarctique ou dans nos villes, ils nous ont donné de nous énamourer d’eux. Rat, pingouin, lion, girafe, ours, serpent, panthère, toucan et j’en passe, tous furent un jour nos héros ou le héros de nos enfants. Qu’importe qu’ils soient à portée de caresse ou inaccessibles parce que trop sauvages. Au grand rex ou sur nos écrans depuis le lit, ils s’adressent désormais à nous tous les jours. Même les renards prirent la parole dans notre imagination dans un film animé de 1981 célébrant l’amitié.
Les renards rôdent parfois la nuit à l’Est de Paris. Il se glissent dans les jardins comme le mien et tentent de forcer le grillage du clapier. J’en ai surpris un un soir. « Mais que fais-tu ? » lui ai-je lancé sortant de mon lit mi éveillé mi nu. « Hé ! bonjour, Monsieur du Martin. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! » m’a-t-il répondu. J’ai aussitôt refermé la fenêtre. D’autres y avaient déjà laissé leur fromage et je n’étais pas d’humeur à nourrir une bête sauvage. Bien réveillé cette fois, j’en ai profité pour allumer l’écran et écrire cette lettre. Je suis allé voir lesfurets.com.
J’avais en face de moi deux furets l’air coquins et futés. Ils me proposaient de faire quelques économies en toute confiance sur mon assurance et d’autres choses encore. Nous connaissons tous ces furets. Ils sont entrés dans nos têtes au point que si je vous demande une société représentée par ces joyeux quadripèdes, vous saurez la citer dans la seconde. Génial marketing de marque associé au règne animal comme il en existe peu. Seule une souris devenue mondialement connue les a dépassés.
Je ne vous ferai pas la publicité desfurets.com dans ces lignes. Pourtant, c’est bien tentant. Plus d’un million de furets sont adoptés en France. Mais ces deux-là valent peut-être un peu plus que les autres que l’on s’y arrête.
Venez découvrir avec moi et Cédric Ménager le PDG de lesfurets.com l’histoire anglaise de deux animaux domestiques qui ont donné leur nom à une société aussi drôle que sympathique.
Un épisode frais qui fait du bien dans le paysage actuel. Merci les Furets !
Martin
Un édito signé Martin Videlaine
Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
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