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L’envie de gagner

Je vais me mettre nos lecteurs à dos en écrivant ces lignes et peut-être même notre invité de la semaine, mais lisez jusqu’au bout si vous voulez bien me pardonner : je m’intéresse peu à la compétition de sport. 

Ni le foot, ni le rugby, pas même les exploits des frères Lebrun. J’avais bien découvert Léon Marchand avant qu’il ne devienne célèbre. A force de m’abêtir le soir à regarder des tutos pour améliorer mon crawl, Youtube s’était mis en tête que le jeune homme pouvait bien susciter mon intérêt. Très juste. J’étais aussi devant mon écran pour regarder l’équipe de France gagner face aux All Blacks il y a quelques semaines. On ne rate pas un haka au Stade France. Mais mon manque d’intérêt pour la compétition sportive s’illustre le mieux par cet été de 2018 où la France l’emporta en finale de coupe du monde de football contre la Croatie. C’était à Moscou, rappelez-vous, nous pouvions encore visiter la capitale russe. Je me suis endormi avant la fin du match. 

Inutile de vous dire que je me suis bien gardé de raconter tout cela à Olivier Sadran lorsque je l’ai interviewé pour l’épisode de la semaine même s’il relira ces lignes. Nous nous rencontrions pour la première fois. Olivier dirige Newrest qu’il créa en 1996 avec quelques copains. Olivier dirige aussi le TéFéCé, le club de football de Toulouse. Le TéFéCé est une institution dans la ville rose. Sans surprise, Olivier l’est également. C’est ce qui explique entre autres qu’il se cache. Il s’exprime peu en public. La parole rare a plus de valeur que celle tous les jours sur les réseaux et les plateaux TV. Olivier pourrait prendre la lumière, il a décidé de rester dans l’ombre dès qu’il le peut. Vu l’enthousiasme que soulève le sport de haut niveau, plus particulièrement le football, c’est heureux que sans nous le dire nous n’ayons pas abordé ce sujet dans l’épisode du jour. Lui n’aurait pas nécessairement souhaité le faire et moi j’en aurais été bien incapable !

Marcher avec deux jambes

Olivier est un passionné de football et de sport en général. On ne dirige pas un club en plus d’une société mondiale sans qu’il vous fasse battre votre cœur. En nous écoutant, vous noterez qu’il y fait constamment référence. Les valeurs du sport sont si fortes et universelles que les entreprises tentent dès qu’elles le peuvent de s’en inspirer. Olivier est allé un cran plus loin. Le sport et l’entreprise habitent sa vie. Elles sont les deux jambes qui le font se lever le matin et courir. L’une ne va pas sans l’autre. Mais je vous préviens, vous ne découvrirez pas dans l’épisode de la semaine sa vision des forces en présence de la D1 de football, encore moins les chances qu’il évalue du TéFéCé d’avancer dans les différents championnats et coupes européens. Avec Olivier, nous parlons de Newrest, un peu de sa famille et surtout de sa vision du leadership. Nous posons aussi un regard sur cette nouvelle génération en train de prendre la direction de nos entreprises.

Newrest est passée de 0 en 1996 date de sa création à 200M€ de Chiffre d’Affaires dix ans plus tard. Aujourd’hui, la société compte près de 50 000 employés répartis dans plus de 50 pays et l’unité de compte du Chiffre d’Affaires du Groupe est désormais le milliard d’Euros. Quand vous allez vous chercher un casse-croûte dans la voiture restaurant de votre TGV, c’est Newrest qui vous sert. Il a fallu une vie pour en arriver là.

Si vous me lisez régulièrement, vous savez le respect que je ressens pour les entrepreneurs, qu’ils réussissent ou au contraire que leur aventure s’arrête. Avec Olivier, nous sommes dans une autre catégorie, celle de ces entrepreneurs qui ont un supplément d’âme. Les entrepreneurs sont rares. Les entrepreneurs comme Olivier sont plus rares encore. Ecoutez-le, je vous promets que vous ne perdrez pas votre temps.

J’ai tout de suite aimé notre rencontre. Quelques secondes après m’être installé dans son bureau pour notre enregistrement, Marc Starké l’un de ses directeurs et moi faisions connaissance. La montre indiquait 14h20, l’enregistrement était censé commencer dix minutes plus tard. Olivier est entré, m’a salué et a regardé sa montre : « On ne devait pas commencer dans 10 minutes ? » s’est-il interrogé d’un ton qui demandait à ce que nous sortions. Ni une ni deux, j’étais avec Marc dans les couloirs en train de visiter le siège social de la société. Nous sommes remontés 7 à 8 minutes plus tard et Olivier m’a accueilli une seconde fois, debout, agité, le regard direct et la main m’indiquant la table où attendaient les micros. « Marc, quel objectif poursuit-on là avec Martin ? »  a-t-il demandé quelques instants plus tard. Il était assis mais son corps s’était tourné vers Marc. Il attendait une réponse. 

Une histoire de matchs

Je n’ai pas senti une seule seconde ne pas être bienvenu. C’est même tout le contraire. Je me sentais privilégié et Marc avait usé de son pouvoir de conviction pour s’assurer qu’Olivier nous consacrerait tout le temps nécessaire. Olivier n’avait pas été froid, il avait été même très chaleureux. Mais surtout, il cherchait l’efficacité. Les mots filaient, chantants, sans fioriture. A son accent local, à sa corpulence sportive, à l’expression de son visage et aux intonations de voix changeants à chacune de ses phrases, j’ai vite compris que j’avais en face de moi une personne dont j’allais devoir m’adapter à chaque instant. Il me reprendrait sinon au risque que cela ne se passe pas exactement comme je l’aurais souhaité. Olivier est un homme aligné avec lui-même, droit comme un i, pas avare de sourires mais dont les traits peuvent vite se noircir. Avec Olivier, on rigole haut et fort quand on le peut. On ne doit pas rigoler non plus tous les jours avec Olivier. La vie n’est pas seulement une comédie. 

Au sport, on gagne le match ou on le perd. La vraie vie, elle, s’accommode assez peu des matchs nuls, surtout les entreprises quand il s’agit de gagner des contrats. Du reste, je ne crois pas que nous ayons autant prononcé le mot « contrat » depuis que nous avons lancé ce podcast.

La vie des entreprises B2B est faite de matchs quotidiens. Soit vous les gagnez, soit vous les perdez. Les matchs nuls n’existent pas. Je sais un peu de quoi je parle. 

L’entreprise n’est pas seulement un sport, elle est un sport de compétition. Moi qui ai tant pratiqué le sport de compétition plus jeune, qui ai un peu bourlingué en Europe du temps où mon niveau au volley-ball était respectable, moi qui me suis retrouvé à enrager accroupi sur le terrain quand nous perdions, je pense avoir transféré l’envie de gagner depuis les terrains de sport et les plateaux de Monopoly vers le terrain de la compétition des marchés. C’est ce qui doit expliquer que le sport soit devenu pour moi un hobby comme un autre où je fuis la compétition. C’est ce qui doit expliquer aussi que je n’arrive pas à m’enthousiasmer autant que vous quand les équipes de votre cœur gagnent sur les écrans ou en première page de l’Equipe. Le ring de la semaine à me prendre des coups, à en rendre, à voir mon équipe en prendre et en rendre tout autant sinon plus suffit à l’expression de mon envie de gagner. Surtout l’enjeu n’est pas le même. Il y a des matchs qui servent à manger, on ne peut pas tous les perdre. Gagner est une obligation en entreprise.

Cette envie de gagner n’a jamais quitté Olivier. Il continue d’être en première ligne avec son équipe. C’est ce qu’il aime. C’est peut-être là que je me suis le plus retrouvé en lui. La comparaison s’arrête là, BlueBirds ne vise pas 3Md€ de Chiffre d’Affaires l’année prochaine.

En tentant de m’expliquer pourquoi j’ai été charmé par Olivier, j’ai repensé à mes interviews avec Luc Themelin DG de Mersen et avec Arnaud Montebourg. Le style n’a rien à voir mais les deux hommes soufflent alternativement le chaud et le froid. Les deux veulent se rendre agréables, ils y travaillent et y réussissent très bien. Les deux aussi n’hésiteront pas à élever la voix si vous vous opposez à eux. M. Montebourg le fait à plusieurs reprises dans notre entretien. Gentiment, mais il le fait. Ni Luc ni Olivier n’ont éprouvé ce besoin. C’était facile, je n’avais pas à exprimer des idées qui puissent aller contre les leurs. 

Olivier remettra l’église au milieu du village dès qu’il le pourra. Il pointera les aberrations que nous ne voyons pas ou que nous acceptons par faiblesse. Là, il ne cherchera pas à vous être agréable. Il vous dira sans fards ce qu’il pense. Je suspecte que le ton montera si vous vous opposez à lui. A la fin, il gagnera.

Cela y est, je sais qui Olivier me rappelle. Il me rappelle mon père. Que ces hommes me manquent. Que ces hommes et ces femmes nous manquent.

Il nous faut davantage d’Olivier à la tête de nos entreprises, de nos associations, de nos mairies, à l’Assemblée, au Gouvernement ou à Bruxelles. Cela filerait bien plus droit, nous compterions chaque centime, nous saurions davantage où nous allons et nous commencerions tous les jours notre travail comme ces sportifs qui entrent sur le terrain avec une seule envie : gagner. 

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

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Le podcast de la semaine

Olivier Sadran, Président-Directeur de Newrest

Newrest

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L’envie de gagner, moteur des entrepreneurs