Bonne année !
Dernière newsletter de l’année. Pfiou! Cela n’a pas été sans mal de tenir le rythme.
J’aime bien cet exercice et je compte bien le poursuivre l’année prochaine. Le plus difficile n’est pas à proprement parler de garder le rythme, c’est de m’assurer que les mots expriment ma pensée. Un mot mal choisi et c’est la sortie de route. Il m’arrive parfois de dîner le samedi chez des amis et de repenser à une tournure de phrase entre le fromage et le dessert. « Tu es avec nous Martin ? » suis-je alors interrompu dans mes rêves. De retour à la maison, je me précipite vers le clavier, cherche la lumière d’une main malhabile aidés d’yeux plus ou moins alignés et me connecte. « Tu fais quoi encore? » me demande mon épouse, allongée derrière moi sous la couette. « Devine! ». Et je l’entends alors s’emmitoufler en même temps que le piano des touches se met à chanter son cliquetis si caractéristique. Il fait nuit, avec un peu de chance la lune est dans mon viseur entre le châtaigner et le prunier.
Une newsletter est un engagement comme un autre. Dans mon cas, la pensée me semble plus exigeante que les sept jours impératifs qui espacent la dernière de la suivante. Cette exigence est montée d’un cran depuis que je fais presque toujours valider ces lignes par mon interlocuteur de la semaine. Celle que vous lisez en ce moment-même fait exception, je ne risque pas de mettre en porte à faux David Cousquer avec qui nous organiserons prochainement un webinar sous la bannière de BlueBirds. Il y a des hommes et des femmes qui méritent que leur savoir ou leur savoir-faire soient bien plus partagés que par une simple lettre ou un épisode d’un podcast posé sur sa niche. Retenez peut-être une chose de l’épisode de la semaine. Trendeo sera de plus en plus visible dans vos journaux parce que son information vaut de l’or et qu’elle sera de plus en plus au cœur de l’actualité.
Déformation professionnelle pourrait-on dire, je prête désormais autant d’attention à la parole des journalistes qu’à celles des personnes qu’ils interrogent. L’épisode de Joe Rogan que j’évoque ici a été vu plus de 50 millions de fois. Tout y est bien pensé. L’invité, la qualité d’écoute et de rebond de Joe, et enfin le format lui-même. Le podcast de Joe Rogan est vidéo. Il n’y a plus de doute, je vais devoir passer à la casserole en 2025.
Le format video interroge. En première approche, deux univers s’opposent. Celui dans lequel nos invités rejoindraient un studio préparé pour l’occasion et celui dans lequel je me déplace avec la logistique et les coûts que cela engendre. Nous ferons probablement les deux. J’ai appris à me laisser bercer sur ce projet. Nous verrons bien! Si vous avez des recommandations de format, de prestataires, de do’s et don’ts, n’hésitez pas à écrire à Agnès ou moi.
En 2024, nous avons fait avec Agnès un nouveau travail de ciblage de nos invités. Nous continuerons d’aller dans ce sens. J’aimerais également inviter plus de personnes en mesure de partager avec vous et moi leur vision de l’économie et de la société. Les chefs d’entreprises ont une position privilégiée pour cela, mais il n’y pas qu’eux. Si vous avez des idées, vous savez à quelle porte frapper. Nous n’irons pas non plus vers trop de diversité. GDIY, le Gratin ou encore Legend font cela très bien et probablement bien mieux que je ne le ferai jamais.
46 épisodes ont donc rythmé 2024 avec autant de newsletters. Je vous rappelle plus bas la liste intégrale des épisodes. Notre audimat a triplé en un an. Ce podcast n’est pas dans le top des charts, mais nous recevons désormais des demandes chaque semaine. Nous avons reçu nos premières propositions de sponsoring. Rien qui ne m’emballe vraiment à ce stade, nous les avons écartées. Nous n’avons pas non plus fait l’effort d’aller chercher ceux qui pourraient nous intéresser.
Je ne suis pas fan des classements en tous genres, chaque épisode apporte sa part de vérité et son lot d’apprentissages. Mais sachez que c’est l’épisode de Newrest qui a été le plus écouté. Je n’avais pas attendu les scores d’audience pour demander à mon équipe d’écouter son PDG et fondateur Olivier Sadran. Cet épisode est un cours de management à lui tout seul. C’est aussi une leçon de vie. Filez l’écouter si cela n’a pas encore été fait. Vous en ressortirez nécessairement un peu grandi.
La lettre ayant apporté le plus de commentaires fut écrite le 10 mars pour la journée des droits de la femme. Elle est ici. Albert Camus disait que « les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises ». L’edito du 10 mars va un peu dans ce sens.
Comme je l’explique à Xavier Riquier dans l’épisode dédié à BlueBirds, ces rencontres sont d’une richesse folle. Je ne remercierai jamais assez les dirigeants nous donnant quelques minutes de leur temps. Si vous faites partie de ces heureux donateurs et que vous me lisez aujourd’hui, merci encore.
La diversité des sociétés dont nous vous racontons l’histoire illustre aussi mon souhait de ne jamais opposer un format d’entreprise à un autre.
Notre Président de la République dont on ne peut pas dire qu’il ait le vent en poupe en ce moment n’a pourtant pas démérité de plonger la France dans la tech. Nous serons bien contents de le remercier dans quelques années quand ces start-ups auront grandi et formeront une partie de notre économie. C’est déjà un peu le cas. L’éclatement de la bulle du financement facile de ces sociétés est en train de faire le tri entre celles qui étaient viables et celles qui ne valaient pas un kopeck. Vous allez dire que je me répète, mais le temps est en train de faire son travail. Malheureusement pour certaines de ces sociétés, ce temps long pourrait bien devenir un temps court. Tout cela a été largement théorisé par Joseph Shumer au siècle dernier dans ce qu’il a appelé la « création destructrice ».
Les PME et les ETI sont les deux principaux poumons de notre économie, nous l’oublions trop souvent.
Enfin les Grands Groupes ont souvent le dos rond à force de se faire casser du sucre dessus. Ils sont pourtant indispensables à la création d’écosystèmes de sociétés vivant avec eux. A quoi ressemblerait notre économie et notre système social avec sans les locomotives des secteurs du luxe, de l’aerospace et de l’automobile? A pas grand chose. Une économie est riche de sa diversité, j’essaie avec Agnès de le rappeler dans les interviews que nous vous proposons. N’allez pas croire non plus que derrière mon envie de bienveillance se cacherait de la naïveté. Aucun homme n’est parfait. Les organisations humaines ne font pas exception et surtout pas les entreprises.
Qu’ont en commun tous ces hommes et ces femmes qui se découvrent à nous?
Tous n’ont qu’un mot à la bouche : « Equipe ». Ils savent à quel point leur projet d’entreprise dépend de celles et ceux qui travaillent avec eux ou pour eux. Tous ont envie de bien faire. Tous travaillent énormément. Tous se sentent préoccupés par l’écologie et l’équité sociale. Ils tentent de faire ce qu’ils peuvent à leur niveau. Tous perçoivent les opportunités de développement qu’offre la planète. Tous me donnent envie de leur faciliter la tâche.
Presque tous m’ont donné envie de prendre leur job! Presque tous se plaignent de l’UE et de la folie des normes qui pleuvent sur eux.
Etre pro-européen comme moi et se faire la critique constructive de l’UE est un tabou que je ne m’explique pas bien. Beaucoup de chefs d’entreprises et pas seulement en France tentent d’ouvrir cette voie. Stéphanie Robert dans l’épisode sur l’AFEP le dit avec ses mots. Beaucoup d’entre eux aussi me racontent des histoires hors micro. La parole privée ne se substituera jamais à la parole publique et c’est très bien ainsi. C’est souvent alors pour s’ouvrir à moi des difficultés qu’ils rencontrent ou de leurs préoccupations. Ces derniers temps, c’est l’environnement macro-économique qui a pris le dessus. La France est probablement en récession au moment où j’écris ces lignes.
Quelques-uns de ces chefs d’entreprise m’ont invité à partager un repas, des croissants ou un jus d’orange. A croire qu’ils ont étudié mes angles morts. Un seul d’entre eux m’a donné l’opportunité de regarder la mer pendant que nous nous entretenions. C’était à Saint-Gilles Croix-de-Vie chez le Groupe Beneteau. Merci Bruno.
L’année 2025 s’apprête à être difficile pour la plupart des chefs d’entreprise. Je pourrais tenter de vous expliquer par le menu pourquoi mais commencez par écouter David Cousquer dans l’épisode du jour. Il a une partie de la réponse.
Nous voici entrés dans un cycle baissier. Ce n’est ni le premier ni le dernier. S’en soucier ne changera rien à l’affaire. Permettez-moi donc de finir cette lettre comme je finis celle qui sera envoyée à la communauté professionnelle de BlueBirds la semaine prochaine.
Décidez avec moi que vous aimerez l’année qui vient. Décidez d’y être heureux. Prophétiser le bonheur, c’est déjà un peu le matérialiser. Et comme le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage d’après Albert Schweitzer, décider d’être heureux, c’est donc contribuer au bonheur du monde, pas seulement du vôtre.
Agnès, Thibault Dupierris qui monte les épisodes et moi-même vous souhaitons une très belle année 2025.
Martin
Un édito signé Martin Videlaine
Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.
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