De Porto
C’est de Porto que je vous écris aujourd’hui.
Une fois par an, je réunis l’équipe presque au complet. Cette année, c’est au Portugal. Quand votre équipe est à majorité marocaine, se rassembler à Marrakech est un peu comme vous proposer d’aller en province en partant de Paris. Nous avons toujours alterné entre Marrakech et Dakhla. Porto, c’est plus exotique pour tout le monde. J’ai tout de même déjà un petit remords: avoir laissé mon coupe-vent dans le placard. Marrakech eût peut-être été une meilleure idée after all. Quant à Dakhla, c’est un peu comme la fête d’un premier mariage. On ne s’y essaie qu’une seule fois parce que la magie d’une telle expérience ne se vit elle aussi qu’une fois.
C’est un immense plaisir de me retrouver là. Il est minuit, me voilà attablé seul sur une place piétonne comme seule l’Europe latine sait les concevoir. Les autres arrivent demain. J’ouvre le bal en quelque sorte. Cela discute une langue étrange autour de moi. Cette langue chante, vit et sourit comme cette serveuse parlant aussi bien l’anglais que moi le portugais. Comment dit-on merci déjà ? Les braseros réchauffent l’air marin et nocturne. Je commande, on rit dans les tables à côté, on me sert. Je trempe les lèvres dans mon verre de Barca Velha. La vie est belle.
Un drôle de bal
Ce bal ne sera malheureusement pas très inclusif. Nos dernières recrues sont exclusivement féminines. Le taux de masculinité s’enfonce sous les 20% chez BlueBirds. Messieurs, il va vraiment falloir que vous fassiez un effort pour nous rejoindre ! Les portes sont ouvertes, il suffit d’y frapper dans un premier temps. Je me sentirai un peu moins seul à tenir le flambeau de ceux qui portent des caleçons chez nous. Et puis notre note Ecovadis s’améliorerait. Nous prenons l’avion par exception, nous ne produisons rien à part de la prestation intellectuelle, nous n’achetons rien ou presque à part là encore de la prestation intellectuelle parfois faite à distance. Nous nous rendons au bureau à pieds. Un peu moins encore et nous deviendrions un puits de carbone. Notre défi à nous, c’est la mixité mais pas celle que vous avez l’habitude de lire dans les journaux! Où sont les hommes? aurait chanté Patrick Juvet pour moi.
La langue qui m’entoure me rappelle que je ne suis pas Portugais. Je suis étranger dans cette ville qui m’accueille. Je me sens bien ici mais je n’y vis pas. Y vivrais-je ? Je ne sais pas. Et vous ?
Si comme un nombre croissant de Français l’idée vous gratte de venir danser au pays d’Amália Rodrigues, vous avez très certainement dû interroger votre chat préféré comme je viens de le faire. Comment va le Portugal ?
Le PIB du pays a cru de 1,9% l’année dernière (vs 1,2% en France) et prévoit entre 1,8% et 2,4% en 2025 (vs 0,6% en France – je crains ici que la Commission ne soit ici un peu trop optimiste). Le chômage est de 6,4% et décroît (en France, c’est un point de plus et il croît). C’est surtout en regardant le déficit public que l’on s’étonne de l’écart France/Portugal. Le solde des recettes et des dépenses publiques était en excédent et correspondait à 0,7% du PIB en 2024 au Portugal. Si si, vous avez bien lu, en excédent. Pour être à ce niveau en France, il faudrait donc faire passer le déficit public de -5,6% de PIB à un excédent de +0,7%. Notre 1er Ministre ne serait pas en train de chercher 44Md€ mais ~190Md€. Ne soyons donc pas trop prompts à critiquer le chemin de crête qu’emprunte le chef de notre Gouvernement même si bien entendu nous avons chacun notre avis sur ses dernières annonces. Il est à des années lumière du chemin sur lequel se trouve Luís Montenegro, son alter ego lusitanien. Comment le Portugal en est arrivé là ? Tout commença par une crise de la dette en mai 2011. La suite n’a rien de la température douce de ma soirée.

Je me perds dans mes pensées. Quand le bonheur de l’instant présent touche à ce qui se fait de mieux, le passé perd de sa saveur, même ce mardi dernier quand nous diffusions l’épisode nous racontant l’histoire de Sacrés Français que dirige Olivier Robert. Pourquoi devrais-je forcément vous parler d’Olivier et de sa société ce dimanche? C’est le Portugal et mon équipe qui focalisent toute mon attention ce soir.
Abraracourcix
Mais voilà, je m’en voudrais de ne pas vous donner envie de l’écouter. On écoute Olivier comme on relit les aventures d’Asterix et Obelix. On ne s’en lasse jamais et on connaît déjà la fin. Rome perd, le barde est bâillonné et nos aventuriers ripaillent ensemble autour d’un joyeux banquet. Un peu comme ce lendemain où nous nous sommes essayés à la viande brésilienne et au vin des vallées du Douro. Nos Gaulois préférés ne passèrent jamais au Portugal, ils eurent bien tort. C’est d’autant plus dommage que j’aurais pu vous raconter les aventures d’Olivier déambulant dans les rues de la Ribeira classées au patrimoine mondial de l’Unesco ou interdisant les Romains de franchir le Pont Dom Luis I qu’un élève de Gustave Eiffel construisit. Les anachronismes ont toujours été légion chez Goscinny, les Histoires d’Entreprises peuvent bien se le permettre.
Olivier fait partie de ce village gaulois du Made In France. Il résiste toujours et encore à l’envahisseur et aide toutes celles et ceux qui partagent sa mission.
Je commence à le connaître ce village. Il est attachant. Ses habitants se départissent rarement de leur bonne humeur. Leur énergie semble inépuisable. A l’exception de leur chef, ne vous attendez pas à ce que je vous donne les noms de leurs miroirs dans les aventures dessinées par Uderzo. Car dans ce village comme chez vous et moi subsistent quelques susceptibilités. Je n’ai pas encore vu les poissons voler mais je vous garantis que les villageois ont tous fort caractère. C’est aussi ce qui m’a séduit chez eux. C’est franc du collier chez les hommes, féminin au risque d’être fusillé du regard à la moindre remarque chez les femmes. Vraiment, ce village me plaît.
Gilles Attaf habille l’uniforme d’Abraracourcix en même temps qu’il dirige Origine France Garantie (OFG) et les Forces Françaises de l’Industrie (FFI). Gilles cofonda OFG avec Yves Jégo, ancien Ministre. Il cofonda aussi les FFI cette fois-ci avec Laurent Moisson dont vous pouvez retrouver la plume presque tous les jours sur LinkedIn. Il est lu désormais un million de fois chaque mois. Les FFI se structurent en clubs régionaux, viennent de lancer un premier fonds dédié à l’industrie et préparent une plateforme programmatique pour 2027. Louis Gallois et Arnaud Montebourg que l’on ne présente plus ont une bonne place dans ce village. Pierre Gattaz ancien Président du MEDEF et Natacha Polony rendent souvent visite à nos amis au grand cœur. Un nombre croissant d’hommes et de femmes convaincus que le Made in France redresserait la Gaule et peut-être même l’UE les rejoignent chaque jour. Olivier fait partie de ceux-là. Sa société promeut les marques et les produits manufacturés en France.
Moi-même je rends visite de temps en temps à ce village. Il se déplacera au grand complet à Arcachon le 11 septembre prochain pour une rencontre sur « La Plage aux Entrepreneurs ». Dites-moi « plage » donc mer et « Made in France » donc réindustrialisation et je vais avoir tendance à lever le museau comme j’hume l’air ce soir. Il est doux et bon cet air comme il le sera le 11 septembre prochain au bord du bassin. Venez, vous êtes tous invités. Il y aura du beau monde dans un bel endroit. Si nous nous y croisons, peut-être vous emmènerai-je dans quelque endroit secret du coin. Je le connais moins que mes enfants qui y ont écumé tous les lieux festifs. Je leur demanderai conseil. Et comme une bonne rigolage aide souvent à se remettre le cerveau à l’endroit, peut-être reviendrez-vous d’Arcachon en vous disant «quelle belle équipe, quel beau projet, quelles belles valeurs ».
Olivier sera là-bas avec moi. Il est comme vous et moi. Il aime son pays. La grande différence entre lui et vous et moi, c’est qu’il a décidé de lui dédier son avenir professionnel. Il n’en fait pas un sacerdoce. C’est comme cela, cela coule de source. On habite un village ou on ne l’habite pas.
Martin
Un édito signé Martin Videlaine
Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.
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