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Une petite heure

Moi qui vous parlais la semaine dernière de l’inaction politique, moi qui vous rappelais que cette inaction trouvait ses racines dans l’absence d’écriture, me voilà cette semaine à vous parler d’une dame qui a fait de l’écriture son domaine.

Sibylle Le Maire s’entoure depuis toujours d’écrivains et de journalistes. Elle dirige le Groupe Bayard. Est-ce donc le hasard ou ce binôme que je découvre depuis peu, l’écriture mariée à l’action, qui l’a lancée dans son aventure dont il est question aujourd’hui ?

Nous ne saurons jamais, j’aime ces mystères, mais Victor Hugo avait encore raison : « Ecrire c’est faire ». De cette écriture, de ces mots qui nourrissent Sibylle, est né le Club Landoy. Deux mots encore ont formé Landoy. Adolphe LANdry et Louise DuROY sont les deux premiers démographes ayant travaillé sur le concept de transition démographique et les effets du vieillissement en France.

La France vieillit à vue d’œil. Je dois à Sibylle la belle formule que je vous rappelais la semaine dernière me plaçant désormais chez les jeunes entrant dans la vieillesse. Je lui dois aussi d’avoir appris que pour la première fois de notre Histoire, il y aura davantage de décès que de naissances en France en 2026.

Cela change absolument tout. Un tel renversement déséquilibre nos retraites qui n’avaient jamais imaginé un tel scénario. Il engorge nos hôpitaux, met sous tension notre système de soins, exige davantage d’aidants et du temps de ces aidants. Il implique de nos entreprises de recruter des personnes âgées, parfois moins formées, souvent plus sages aussi. Elles sont moins promptes à se tromper. Il nous demandera de plus en plus d’accueillir chez nous nos parents pour leurs vieux jours comme c’est le cas depuis la nuit des temps sauf dans la parenthèse contemporaine en train de se refermer. Il nous chuchotera tout bas le matin en allant au bureau : « Tu as maintenant deux charges, tes enfants et tes parents. » Il encombrera nos cimetières qu’une nouvelle loi s’attache paradoxalement à nous en faciliter l’accès. Il faudrait nous aider à partir nous dit-on. Le Club Landoy, lui, nous aide à vivre.

Y a-t-il une vertu, un avantage, une opportunité pour un pays à voir sa population vieillir ? Surtout, comment s’y préparer ? C’est un peu les questions avec d’autres que se posent Sibylle et les membres de son Club. Et comme les membres de ce Club sont exclusivement de très grandes entreprises, on ne s’y pose pas seulement des questions. On y répond.

Le Club Landoy est aussi discret que gigantesque. Près de 2 millions de salariés y sont représentés par les PDG de leurs employeurs. Moi qui ai fêté mes 50 bougies il y a moins d’un an, je me sens un peu concerné par leur première proposition de valeur : favoriser l’emploi des 50 ans et plus. C’est ce qui m’a amené à signer leur Charte. Nous serons tous vieux – espérons-le – et nous allons tous y passer – là, aucun doute -, alors autant s’y préparer !

Allez voir ce qu’entreprend le Club Landoy, c’est beau, c’est grand. Ils remplissent un peu la mission de nos politiques, mais vous savez ce que l’on dit, la nature a horreur du vide. Sibylle non plus n’aime pas le vide, c’est ce qui l’a amenée probablement à lancer ce projet.

J’observe maintenant d’un œil nouveau Maxime Sbaihi sur les plateaux TV. Il est directeur stratégique du Club. J’aimerais bien voir davantage Sibylle à sa place de temps à autre. A défaut de la voir, écoutez-la à mon micro. Vous entendrez une voix calme qui choisit son langage, pèse ses mots, prend le temps de respirer. Sibylle avait préparé des notes pour notre entretien mais elle n’y a pas jeté un œil. Sibylle, vous feriez très bien le job à la place de Maxime dans quelques débats télévisés, pas besoin de notes. Vous êtes grande, c’est ce qui m’a frappé au premier regard quand vous êtes venue à ma rencontre alors que je sortais de l’ascenseur. Le petit écran aussi s’en apercevrait. Vous captureriez le regard des spectateurs qui vous découvriraient grande, grandes lunettes et le dos droit de celle prête à prendre la parole. Votre message porterait.

Mais c’est dans un bureau modeste baignant dans la lumière du jour à la moquette épaisse que j’ai été reçu. Chez Bayard, le sol feutré amortit les sons. Il préfère que la parole se repose dans les livres. Là-bas, on n’aime pas qu’elle vienne résonner sur les murs et les vitres, elle s’y perdrait à force de rebondir. Les tons pastel, la décoration chic mais sans artifices vous rappelle que le beau est dans l’élégance et la simplicité. Du reste, l’élégance est un mot qui convient bien à mon interviewée.

Sibylle ne se dévoile pas. J’aurais bien du mal dans ces lignes à partager une note, un signe de sa personnalité que notre discussion ne raconte pas. Sibylle ne cherche pas la lumière, elle sait l’espace qu’elle prend naturellement. Cet espace est intellectuel, moral, politique aussi.

Il m’aurait fallu plus de temps, d’autres circonstances pour découvrir davantage Sibylle. Mais voilà, nous n’avions qu’une heure. Que fait-on en une heure avec une cheffe d’entreprise doublée d’une casquette de cheffe d’association ? Elle vous raconte son histoire, l’histoire de son Club, l’histoire de la pierre qu’elle aimerait bien poser sur l’édifice de son pays. En une heure, on enregistre un podcast, on regarde un épisode ou deux d’une série. En une heure, on lit quelques pages d’un bouquin. On cuisine. On dîne, on prend un café avec une copine. On prend son temps le dimanche matin.

J’ai passé une heure avec Sibylle pour évoquer les 80 ans que dure notre vie et les défis démographiques de notre temps.

Ces défis, quoi que nous disions, quoi que nous fassions, nous allons y faire face. Cela a commencé. Vous êtes comme moi, vous embrassez déjà votre père et votre mère un peu différemment que vous ne le faisiez auparavant. Vous goûtez de ces opportunités s’ils sont encore là. Peut-être avez-vous un frère, une sœur, un mari, une épouse, une amie, un collègue, un voisin qui a déjà besoin de vous. Peut-être est-ce vous, fatigué, usé, malade ou diminué par l’âge qui vous demandez comment vous rendre utile.

Prenez une heure, écrivez.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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