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Vite mais pas trop

La bouteille de Butagaz est pour moi un souvenir d’enfance. 
Mes grands-parents s’étaient offerts une maison perdue dans la campagne près de Joigny. J’y allais en vacances. C’était le temps des pommes, des balades à vélo et des visites de fermes. C’était surtout le temps de l’insouciance. De temps à autre, j’observais mon grand-père changer la bouteille de gaz sous le réchaud de la cuisine. Il faisait cela comme je relance la chaudière à gaz de la maison aux premiers jours de froid à la fin de l’automne.

Parfois, cette chaudière se relance automatiquement, mais elle fait cela un an sur deux. Chaque année, quand l’hiver approche et que j’entends mes filles se plaindre des températures polaires de la cuisine et que je leur réponds d’abord d’enfiler un pull, je descends dans la chaufferie et observe la machine me regarder. Elle est éteinte. Un faible indicateur jaune vert m’indique qu’elle est toujours bien branchée au secteur. Tu te demandes si je vais redémarrer toute seule c’est cela ? me demande-t-elle narquoise. C’est cela. Attends encore un peu semble-t-elle me dire de son sourire blanc et carré. J’attends jusqu’à ce que je cède. Parfois, elle cède avant moi. Une année je cède, une année c’est elle. Un an sur deux environ vous dis-je. N’allez pas y voir une allégorie des discussions que nous avons tous parfois avec notre alter ego !

Le bac à laver

Mon grand-père effectuait cette opération machinalement, comme on fait mille gestes quotidiens. Ma grand-mère quittait alors son bac à laver et observait faire son mari. Comme à l’accoutumée, elle râlait un peu, vérifiait que tout était en place après l’opération et repartait dans son univers. Elle était soulagée, moi aussi, mais probablement pas pour les mêmes raisons. Je voyais bien que ce n’était pas une opération complètement anodine même si en fait cela l’était ou à peu près. Ma grand-mère voulait s’assurer que sa maison fût encore là le soir. Moi, je m’inquiétais de savoir si nous pourrions dîner. C’est mon grand-père qui cuisinait. Le changement d’une bouteille de gaz ne vaut pas de rater un repas, surtout quand il a été préparé par celui dont le visage en noir et blanc a aujourd’hui sa bonne place sur la commode du salon. Quand viendra le moment, je me rappellerai toujours l’exemple que fut mon grand-père sur ses petits-enfants. La gentillesse est souvent perçue comme une faiblesse. Chez moi, elle est valeur cardinale grâce à cet homme. 

Cette bouteille de gaz et cette maison encore en pixels dans mon smartphone sont un peu ma madeleine de Proust. Elles appartiennent au passé avec ce qu’il a de paradisiaque. Ils sont aussi mes souvenirs de la campagne mêlés à d’autres. Quand on a aimé son enfance comme moi, on aimera toute sa vie la campagne. Ce qui est plus ennuyeux dans mon cas, c’est de lier passé et campagne. Elle est pourtant toujours là la campagne et c’est bien heureux. La campagne n’est pas moins contemporaine que la ville. C’est seulement qu’elle est plus verte, plus aérée et plus silencieuse. Elle sent bon aussi la terre. C’est une odeur que l’on ne retrouve pas à Londres, Paris ou New-York. 

La campagne est tout à fait moderne et les millions de foyers qui utilisent la fameuse bouteille bleue le démontrent merveilleusement bien. Emmanuel Trivin, PDG du Groupe Butagaz que j’interviewe dans l’épisode de la semaine ne me contredira pas. 
Un monde sans cuisine

La bouteille de gaz est donc contemporaine, mais il faut aussi reconnaître que son avenir se rétrécit un peu plus chaque jour. Sa consommation nationale décroît d’environ 5% par an. Prenez votre calculette et vous verrez qu’à ce rythme il ne restera plus grand-chose de ce marché d’ici 10 à 15 ans. Je devrais être grand-père à ce moment-là. Je ne referai donc probablement pas les gestes que mon grand-père faisait pour moi enfant. Il aura fallu deux générations pour qu’un tel geste disparaisse ou presque. C’est le temps qu’il aura fallu aussi pour que des appartements soient commercialisés sans cuisine à New-York. Plus besoin de cuisine, plus besoin de gaz quand on prend ses repas seulement à se faire livrer ou à aller au restaurant. Rappelez-vous, c’est ce que nous avait dévoilé Melvina Sarfati dans l’épisode dédié à Deliveroo.

Ce podcast regarde le temps long, en voici un parfait exemple. On ne mesure pas bien les changements imperceptibles de ce marché lancé en France par deux Français de retour des Etats-Unis au début du siècle dernier. De proche en proche, ces petits changements en préparent un grand : celui de la fin de la consommation de gaz chez les ménages et beaucoup de nos entreprises et collectivités.

En écoutant Emmanuel, vous découvrirez que Butagaz ne cherche pas à freiner la décroissance de cette consommation. Si l’on est parfaitement honnête, il faut d’abord reconnaître que le Groupe aurait bien du mal à la freiner cette décroissance. L’offre influence la demande comme dans de nombreux marchés, mais l’influence d’un acteur trouve assez vite sa limite quand il est n’est pas monopolistique. Dans le cas qui nous concerne aujourd’hui, non seulement Butagaz n’est pas seule son marché mais les alternatives au gaz se multiplient. La décroissance du gaz est inéluctable et c’est très bien ainsi.

Le Groupe Butagaz aussi se félicite de la diminution du premier moteur de son Chiffre d’Affaires. C’est là que l’histoire en marche de l’ancienne filiale de Shell est assez géniale. Butagaz diminuera sur son marché historique parce que son marché historique lui-même décroît. Le Groupe grandira parce que son marché n’est pas seulement le gaz, c’est l’énergie et l’efficacité énergétique. Emmanuel nous parle dans l’épisode du jour des nouvelles offres et des nouvelles marques du Groupe. Elles sont son avenir.

Le gaz est désormais une énergie transitoire. Elle ne sera là de manière structurelle que pour un temps. A la faire disparaître trop vite, elle ne donnerait pas le temps aux consommateurs que nous sommes de trouver d’alternative plus écologique et si possible moins chère. Elle ne donnerait pas non plus le temps au groupe Butagaz et à ses concurrents de proposer des alternatives dont évidemment l’électricité. Inversement, à la faire disparaître trop lentement, nous nous rendrions coupables de ne pas tenter d’infléchir la courbe croissante de la température du globe. 

Tous écologiques

La transition énergétique est une affaire de temps. Trop rapide, elle nous emmènera vers le mur social de notre incapacité à chauffer nos maisons ou nos marmites à un prix acceptable par la majorité de la population. Elle sera motrice d’appauvrissement. Trop lente, elle nous emmènera vers les catastrophes déjà en cours d’un thermomètre bien trop haut pour la nature et l’homme. 

L’écologie et plus particulièrement l’énergie seront sans aucun doute le motif à nos fractures dans le choix de la société que nous voulons pour nos enfants. Cela a commencé. Les uns privilégieront la rapidité à cette transition énergétique au motif que l’effet de serre sur la planète est le problème n°1 de toute l’humanité. Ils auront un peu raison. Les autres demanderont un peu plus de temps au motif qu’il faut bien se chauffer et cuisiner sans y laisser tout son salaire. Il faut bien manger. Ils n’auront pas tout à fait tort non plus. Nous serons tous écologiques à l’avenir, mais écologiques à quel point ?

Voilà le Groupe Butagaz plongé au milieu du bouillonnement de notre siècle. Il l’accepte ce siècle, il l’embrasse, il le change. Il le fait ce siècle. 

Responsable, voilà le mot qui me vient en tentant de résumer de quelques lettres le projet de la société dont il est question aujourd’hui. 

Joyeux Noël !

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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Le podcast de la semaine

Emmanuel Trivin, CEO du Groupe Butagaz

Butagaz

Écouter l’épisode

Bouteille de gaz : une énergie en transition