Ce podcast est sponsorisé par BlueBirds

Logo sponsor Bluebirds   AccueilContact

L’avenir nous appartient

Il faut reconnaître à notre Président de la République actuel d’avoir fait de la France un pays favorisant l’entrepreneuriat. J’entends de plus en plus une petite musique aux notes bleues se plaignant qu’une « start-up nation » ne fait pas une économie. C’est juste. Mais une économie sans start-ups est plus faible qu’avec. Nous avons collectivement fait un pas de géant en l’espace de 10 ans, on ne le souligne jamais assez. Viva Tech fêté cette semaine n’a plus rien à voir à ce qu’elle était à sa création. 

Créer, c’est avoir confiance en l’avenir. Je ne doute pas que cette confiance fera partie de l’héritage que le Président Macron nous laissera en 2027. Et ne voyez pas là une quelconque promotion mal placée, seulement mon souhait de remettre l’église au milieu du village. Nous avions oublié que les emplois de demain sont ceux de nos start-up d’aujourd’hui. C’est un oubli qui est maintenant derrière nous.

Asterion Partners dont Stéphane Bourbier nous raconte l’histoire illustre mieux que jamais cette capacité que nous avons à monter de nouveaux projets d’une page blanche. Je dis « nous », mais c’est surtout « lui et quelques-uns ». Nous, nous le regardons un peu éberlués par un tel succès. Aujourd’hui, je vous propose de l’écouter.

Asterion, projet lui-même entrepreneurial, finance des projets en amorçage, c’est-à-dire des sociétés nées depuis peu recherchant du capital pour s’autoriser à grandir.

Un capitaine et son second

Il y a les entrepreneurs et il y a ceux qui les financent. Stéphane a été l’un. Pour le redevenir, il est devenu l’autre. Lui sait ce que c’est que de se lancer. Lui sait bien qu’un Excel et un Powerpoint pour pitcher, même bien faits, ne sont rien face au réel. Bien sûr que ces documents sont indispensables pour convaincre un investisseur de risquer une partie de son épargne ou celui de son LP dans un projet un peu fou. Mais Stéphane sait déjà que les chiffres de toutes sortes se projetant dans le futur qu’on lui fait lire pour évaluer un dossier sont faux. Il ne les espère seulement pas trop écartés de la réalité telle qu’elle voudra bien se montrer, sans fards. Il juge aussi de savoir si l’équipe qu’il découvre saura tenir la barre par temps fort. Il sait déjà que des tempêtes, il y en aura. Il sait aussi que certains des vaisseaux qu’il finance avec la communauté d’Asterion risquent de ne pas survivre à certaines de ces tempêtes. Il sait enfin que certains de ces capitaines réussiront et pas qu’un peu. Si vous cherchez entre 500K€ et 2,5M€ pour votre prochain projet tech ou industriel, allez frapper à la porte d’Asterion. Peut-être ferez-vous partie des chanceux, ou plus simplement des meilleurs, faisant partie des 2% des dossiers reçus qu’ils financent. 

Je me garderai ici de vous décrire par le menu les spécificités d’Asterion, Stéphane le fait dans l’épisode. Mais parmi elles, l’une m’a frappé. 

Asterion n’a pas de société de gestion. Chaque membre de la communauté investit en direct (enfin presque) dans les sociétés qu’Asterion accompagne. Ce n’est pas l’usage de la profession. Ce mode d’investissement illustre l’esprit d’Asterion : les investisseurs investissent en direct et mouillent la chemise pour accompagner les entrepreneurs. Ils donnent de leur temps, de leur expertise et de leurs accès. J’aime beaucoup l’image que Stéphane rappelle dans l’épisode. Quand seules la voile et le vent existaient pour pousser les bateaux, les capitaines de navires finançaient leurs seconds qui voulaient à leur tour se lancer. Ce faisant, non seulement ils finançaient l’acquisition du bateau de leur protégé, mais ils leur transmettaient tout leur savoir-faire. C’était un autre moyen de sécuriser l’investissement qu’ils plaçaient dans la personne qu’ils avaient eux-mêmes formée. Smart. Voilà un capitalisme qui plairait à beaucoup. Mais voilà, les bateaux de commerce ont grandi en taille et en tirant d’eau, leurs besoins en financement aussi : le mécanisme a disparu. A sa manière et toutes proportions gardées, Asterion remet au goût du jour cette pratique.

Une histoire de crâne

Asterion sonne comme le nom d’une étoile. Raté. Stéphane et son associé au lancement Clément Marcorelles sont allés chercher le nom de leur société chez chacun de nous. L’asterion, nous en avons tous un. C’est le point du crâne à la convergence du pariétal, de l’occipital et du temporal. Votre asterion protège la vie, votre cerveau, et il a fallu dans le ventre de votre mère que plusieurs de vos os se rejoignent en un endroit bien spécifique pour qu’il naisse. Stéphane et Clément ont voulu que plusieurs centaines de personnes se rejoignent et protègent notre planète.

N’allez pas croire que le choix poétique de la société ne puisse se conjuguer avec un professionnalisme jusqu’au bout des ongles. Ce professionnalisme transpire partout, jusqu’aux échanges que j’ai eus avec Stéphane après notre enregistrement. Il explique aussi vraisemblablement leur succès. Ils étaient un peu moins de 300 au lancement. Ils sont maintenant 1200 à financer ces start-ups à impact en recherche de financements. Tous frappent à leur porte, y compris les plus grandes familles d’entrepreneurs que notre pays connaissance. Et depuis peu les banques souhaitent investir avec eux. 

Ce qui est amusant quand on observe un objet comme Asterion réussir, c’est qu’immanquablement les mêmes questions reviennent. Comment et où grandir ? Qu’est-ce qui nous limite ? Comment lever ces limites ? Quand votre métier est de financer en capital des entreprises qui pour certaines grandissent, elles reviennent un peu plus tard vous reposer la même question : pouvez-vous continuer à financer notre capital ? J’ai grandi, je suis en bonne santé, mais il me faut davantage de capital. Je ne peux pas autofinancer ma croissance. Pouvez-vous m’aider ? 

Le hic, c’est qu’Asterion n’a pas vocation à financer des projets plus grands. Dans le financement en capital comme souvent ailleurs, « size does matter ». La taille de la structure à financer et donc le capital à apporter structurent le marché. Asterion finance les sociétés dans leurs premiers stades de développement. Quand ces sociétés recherchent des montants dont l’unité de compte devient la dizaine de millions d’Euros, ce n’est plus eux. (Pour en savoir plus, c’est par ici). Sauf qu’ils aimeraient bien ! Alors ils y réfléchissent. Mais réussir en amorçage ou en série A ne préjuge pas de votre réussite en série B ou C.

Le Nasdaq européen

Côté demande, l’histoire est donc toujours identique. Les entreprises lèvent des montants en milliers d’Euros, puis en millions, puis en dizaines de millions puis en centaines puis en milliards en même temps qu’elles grandissent. Au fur et à mesure que les montants en capital à rassembler sont élevés, le nombre d’acteurs en capacité de le faire se raréfie. Arrive le moment où seule une cotation en bourse est envisageable. C’est là que la start-up nation qu’est devenue la France est aux abonnés absents. A vrai dire, le problème est européen. Il n’y a pas d’équivalent du Nasdaq en Europe et la plupart des grands fonds de la planète sont américains. 

Je n’ai évidemment rien contre les sociétés de gestion américaines. Je me réjouis qu’elles grandissent et soient capables de financer des projets nés en Europe arrivant à maturité. Que ferions-nous sans elles ? Mais l’argent a une odeur. Il a l’odeur de l’indépendance. 

Il va nous falloir mettre en place ces mécanismes permettant de créer des géants de l’investissement en capital que les Etats-Unis ont su créer. Et un Nasdaq européen. Pas parce que c’est gros, grand et se compte en milliards d’Euros. Ce serait vraisemblablement de la vanité. Pas non plus parce que cela crée de la valeur même si ce serait déjà là une bonne raison en soi. La finance aussi finance notre modèle social. Non, il nous faut créer des fonds large cap à capitaux européens et un marché boursier de la tech en Europe pour une seule raison : notre liberté. A nous déposséder du capital de nos entreprises, nous perdons la maîtrise de leur destin. 

La question, c’est comment faire ? Si vous avez un invité à interviewer à me suggérer pour en discuter, n’hésitez pas ! Je le cherche.

En attendant, souhaitons bonne route à Asterion Partners. Ils sont encore petits même s’ils grandissent vite. La planète leur dira un peu plus merci à chaque fois qu’ils feront un pas en avant.  

L’avenir leur appartient.

Comme à vous et moi.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

logo bluebirds

Le podcast de la semaine

Stéphane Bourbier, CEO

Asterion

Écouter l’épisode

Le podcast de la semaine