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Que la vie soit avec toi

tourisme en Polynésie

Ia ora na! Prononcez ya orana! en roulant le « r ». Que la vie soit avec toi!

C’est ainsi que l’on se salue à Tahiti d’où je reviens. C’est tout de même plus chaleureux qu’un bonjour métropolitain. Chaleur, joie de vivre et tranquillité sont les trois mots que je retiendrai de mon passage en Polynésie française.

La chaleur des polynésiens est profonde et sincère. Quand on se rend à Moorea, Taha’a ou Raiatea en plein hiver austral, il ne fait pas chaud. Il fait bon. Le vent changeant apporte de temps en temps la pluie, souvent la nuit, et rapidement le soleil reprend ses droits. La température dépasse rarement les 26°C et passe tout aussi rarement dessous. Non, vraiment, c’est dur.

La chaleur de Tahiti se mue à chaque instant en joie de vivre. Je connais peu d’aéroports où l’on vous accueille au son du yukulele. Tout cela pourrait paraître artificiel. Oui mais voilà, dès que l’on se pose quelque part, la musique si caractéristique de nos îles du Pacifique se fait entendre. Les tahitiens chantent naturellement et chantent tout le temps. Tous ils chantent : le chauffeur de taxi, le capitaine du bateau qui vous emmène en mer, la serveuse au restaurant. Quand ils ne chantent pas, ils vous sourient des yeux ou rigolent à gorge déployée. On est heureux à Tahiti et la joie tahitienne est contagieuse.

La tranquillité enfin vous fait croire que le paradis sur Terre existe. Les eaux transparentes du lagon s’étendent langoureusement. Les palmiers en recherche de lumière et peut-être d’un peu plus tentent de se pencher sur elle. Les bateaux au loin protégés par le récif paressent et mouillent. Leurs hôtes ont dû observer un animal marin. Seul le vent dans les branches des cocotiers, le clapotis de la mer et les cris de quelques sternes banches distraient mon attention déjà passablement diminuée.

La pâtée

Pas de faune terrestre en Polynésie hormis les crabes se faufilant entre deux pierres et les coqs sauvages vous promettant un réveil vers 5h00 du matin tous les jours que Dieu fait. Cela tombe bien, le soleil se lève dans la foulée.

La vie se trouve sous la surface de l’eau.

Pour vous en faire une petite idée, filez voir ou revoir les aventures de Nemo ou de Vahania racontées par les studios Disney. Si les dessins animés ne sont plus votre tasse de thé, voici quelques noms qui vous donneront peut-être, si c’était nécessaire, l’envie de venir voir de vos yeux : idoles maure, poissons flûte ou clown, balistes, nasons zébrés ou à rostre, demoiselles paon ou à queue jaune, papillons cochers, coris bariolés, perches et carangues de toutes sortes, daurades, anges royaux, faucons, etc. Mais aussi barracudas, raies, tortues de mer, requins et dauphins. Vous rencontrerez toutes ces espèces sans trop les chercher hormis le requin citron se baladant le plus souvent par 30m de fond. Curieuses, ce sont elles qui viendront à vous comme ces requins à pointe noire que Georges notre capitaine d’un jour appela en soufflant dans une conque. Ils accoururent si je puis dire comme des chiens sifflés pour la pâtée. Les chiens ici c’était les requins et la pâtée mes enfants et mon épouse. Ils barbotèrent ensemble dans une eau cristalline. J’observais depuis le bateau les bêtes se faire de nouveaux amis. J’étais prêt à bondir bien entendu, torse gonflé et sabre au clair. Mais j’étais mieux les pieds au sec. Pour pêcher le merlin, le thon et l’espadon ou observer la danse des baleines, il faudra franchir la barrière de corail par une passe et vous frotter à l’océan.

Polynésie française

La Polynésie française compte 118 îles réparties sur cinq archipels et s’étale sur une surface comparable à toute l’Europe. Elle ne compte que 280 000 habitants.

An nord les Marquises, plus sèches que les autres et sans récifs coraliens. Au sud-ouest, les îles Australes, plus fraîches. Au sud-est, les Tuamotu-Gambier. Vous pourrez y découvrir Tikehau et ses plages roses dont je suspecte que les fondateurs de la société éponyme tirèrent le nom. Tikehau signifie « aller vers la paix ». En son cœur, les Iles-du-Vent dont Tahiti et sa capitale Papeete. Enfin les Iles-sous-le-Vent dont Bora Bora. Nous y avons laissé les marques de nos tongues sur son sable mais je ne vous raconterai rien. La mer a fait son travail et a effacé nos traces. Ce qui se passe à Bora Bora reste à Bora Bora. Un mot seulement en forme de litote : c’est beau

Un autre pays

La Polynésie française n’est ni un Département d’Outre-Mer ni un Territoire d’Outre-Mer. C’est un Pays d’Outre-Mer – « le Pays » pour la suite de cet édito – avec ses lois, son Assemblée, son Gouvernement et son Président. Vous ne le connaissez pas et moi non plus jusqu’à ce que je fasse sa connaissance. Il a bien voulu me recevoir pour un épisode d’Histoires d’Entreprises. En Polynésie, on n’est ni de droite ni de gauche. On est indépendantiste ou autonomiste. Moetai Brotherson fait partie de la première catégorie. Il souhaite l’indépendance complète de la Polynésie contrairement aux autonomistes qui se satisfont du statu quo. Il a aussi la lucidité de rappeler que l’indépendance n’est tout simplement pas possible aujourd’hui compte-tenu des finances publiques des îles qu’il préside. J’y reviens plus bas. S’il y a bien un sujet que j’ai tout de même soigneusement évité pendant mon entretien avec Moetai (on se tutoie dans les îles, même avec les étrangers, même avec les personnes de haut rang), c’est la Nouvelle Calédonie et les accords de Bougival trouvés le 12 juillet dernier. Ce n’était certainement pas un hasard si Manuel Valls, Ministre des Outre-Mer, foulait les herbes du jardin présidentiel à Papeete quelques jours avant moi.

Quels sont les grands défis économiques, sociaux et environnementaux de la Polynésie française m’étais-je demandé avant de rencontrer Moetai? Et que fait son Gouvernement pour les relever ?

Ici, à l’autre bout du monde, les problèmes de la métropole pourraient être d’un autre univers. La réciproque est vraie. Mais nous soucions-nous vraiment des problèmes des polynésiens? Soyons honnêtes, pas vraiment. Nous nous préoccupons surtout de savoir si nous pourrons un jour nous y rendre en vacances. Au pire, nous en rêvons un peu. Au mieux, nous préférons mille autre charmes et destinations. Entre les deux, parfois, nous nous y envolons via Los Angeles ou San Francisco.

Pourtant, leurs problèmes ne sont pas si différents des nôtres.

Comme nous et peut-être même plus que nous, les polynésiens aiment la nature et font tout pour la protéger. En juin dernier, la France a fait de la Zone Economique Exclusive de la Polynésie un espace protégé. C’est tout de même 5 millions de km2, presque 10 fois la surface de la France métropolitaine et 1,4% de la surface des océans et des mers sur Terre. Elle s’est notamment interdite l’exploitation de ses sous-sols marins riches en terres rares et autres métaux. Nos voisins anglo-saxons ont fait un choix différent, notamment dans les Iles Cook elles aussi polynésiennes. Ils s’aident de sociétés chinoises pour extraire la richesse cachée sous notre océan commun.

Comme chez nous, l’accès au foncier et au logement dans les zones urbanisées est devenu problématique. Un habitant sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Je me méfie tout de même du chiffre tant l’économie informelle est grande sous le souffle du vent Maraamu. Mais moi qui répète sans cesse le lent processus d’appauvrissement de notre pays que les récentes statistiques sont venues confirmer, je n’ai pu que trop l’observer à 20 000 km de mon lieu de vie et du vôtre.

La France tient à bout de bras sa présence dans le Pacifique. Les transferts annuels de l’Etat français vers la Polynésie sont de l’ordre de 2Md€, soit un tiers du PIB du Pays. Ils financent la police, les hôpitaux, les pompiers, les professeurs, bref, tous les fonctionnaires. Ils financent aussi quelques programmes de défiscalisation des uns (j’en suis) correspondant à des investissements pour les locaux (un jour je serai l’un d’eux, qui sait). Ces seuls chiffres expliquent la paix qui règne entre indépendantistes et autonomistes. Les premiers concèdent aux seconds que leur équilibre économique commun passe par Paris. Il n’y a presque pas de flux fiscaux dans l’autre sens, à l’exception de la fiscalité sur les capitaux mobiliers. Les taxes locales (patente, TVA locale, transactions…) restent dans le Pacifique. Si vous songez à vous installer un jour en Polynésie, apprenez que l’IR est nul et l’IS bénéficie de nombreux régimes dérogatoires. Tout est fait pour que vous veniez, pas seulement pour les mille nuances de bleu, de vert, de jaune et de blanc qui vous attendent là-bas.

Vous l’aurez compris, la Polynésie est source de dépenses pour l’Etat, pas de revenus. Les raisons à la continuation de ce soutien sont nombreuses : stratégiques, géopolitiques, environnementales, culturelles, historiques, morales surtout. On ne laisse pas tomber un peuple qui compte sur vous depuis plus de deux siècles. Sur un strict plan arithmétique, reconnaissons aussi que 2Md€ sur 1700Md€ de dépenses publiques, c’est peu : 0,12%.

Une perle 

La première économie de la Polynésie est le tourisme. Elle représente 25% du PIB.

Les perles tahitiennes sont grises

La seconde est plus originale. Il s’agit de la culture perlière. J’aurais volontiers dédié un épisode d’Histoires d’Entreprises à l’un des leaders locaux de la perle. Mais voilà, j’ai vraiment mis le pied sur le frein en août et je n’ai pas voulu repasser plus d’une fois ma chemise de travail au bord de l’océan. Et puis en discutant avec l’un de ces opérateurs, j’ai surtout compris que l’essentiel de la valeur ajoutée perlière se créait à Hong Kong, plaque tournante de l’achat et de la revente de perles. On s’enrichit à acheter et revendre la perle, moins à la concevoir et à la faire grandir dans le ventre d’un mollusque.

L’un de ses principaux grossistes, chinois, vient d’acheter un bout d’île (un motu) en face de Raiatea pour 25 millions d’euros et y a fait construire quelques bungalows. Vous pouvez y dormir, mais apprêtez-vous à apporter votre contribution au retour sur investissement de son nouveau propriétaire. 

C’est là un des paradoxes des îles. La grande richesse côtoie la plus grande simplicité, pour ne pas dire la pauvreté la plus crue. Une demi-heure en bateau, un lagon, parfois une plage séparent les deux.

Vous vous doutez bien que si je vous raconte un peu mes vacances en effleurant l’économie polynésienne, ce n’est pas pour fanfaronner de m’être rendu sur un lieu magique. C’est vrai, la Polynésie est envoûtante et mérite que l’on s’y arrête.

La Polynésie est loin de nos yeux mais elle a touché mon cœur. Elle pourrait bien toucher le vôtre. Son calme, sa joie de vivre et sa chaleur sont aux antipodes de notre façon d’appréhender la vie à Paris. Elle est exemplaire. Elle est une perle.

Rappelez-vous en en cette rentrée.

Le bleu de BlueBirds évoque le ciel et la mer. Il tente de vous apporter une parenthèse de sérénité dans la tempête de vos projets et de vos injonctions parfois contradictoires. Cette année, notre bleu sera polynésien en plus d’être atlantique et méditerranéen.

Les oiseaux de BlueBirds porteront des noms océaniques : monarques de Tahiti, pitlopes des Tuamotu, salanges des Australes. Peut-être vous feront-ils rêver de vos vacances passées et futures. Peut-être même vous rappelleront-ils que travailler a du bon. A Tahiti aussi on travaille.

Si vous me voyez au ralenti en septembre, ne soyez pas trop surpris. On peut être calme, heureux et chaleureux tout en étant efficace. Je crains tout de même que mon rythme cardiaque ne s’accélère assez vite…

Ia ora na!

Que la vie soit avec vous en cette rentrée!

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

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