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Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots

Parfois le hasard fait bien les choses. A quelques jours près, j’interviewais Start Industrie dont je vous relate ce matin l’épisode de la semaine à l’occasion de notre 100ème diffusion, le livre Réindustrialiser que j’ai co-écrit avec Guillaume Caudron devenait disponible dans toutes les libraires, et le Made in France était fêté à l’Elysée. Il y a évidemment un point commun à ces trois sympathiques événements : la célébration de l’industrie française.

Le hasard fait bien les choses parfois, mais reconnaissons qu’il n’y a pas de quoi s’enorgueillir. Un podcast sont des mots digitalisés, un livre sont des mots sur le papier, le pince-fesse à l’Elysée fut l’occasion de jolis discours plein de mots aussi avec en plus quelques coupes de champagne, ce qui ne gâche rien.  

Dalida

« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » chantait Dalida avec Alain Delon sur un thème autrement plus glamour. « Des mots et des bulles » pourrait-on compléter à observer l’Elysée chanter l’amour des usines pour la tech et réciproquement.

Des mots aujourd’hui, des mots encore jeudi prochain sur le même thème quand certains d’entre vous recevront mon edito mensuel attaché à la communication de BlueBirds.  Il est public et déjà disponible ici : Doliprane et Volkswagen, quelques rappels et beaucoup de questions sans réponse • BlueBirds. Attention, c’est long. Et c’est moi qui vous dis cela !

Des mots. Je sais Dalida. Parfois j’aimerais avoir d’autres armes. Mais voilà, je ne fais pas la cour aux dames, tout au plus à certains clients et toujours en tout bien tout honneur. Ils se disent que mon équipe et moi-même leur disons deux ou trois choses pas trop idiotes. Ces mots leur paraissent même parfois utiles. Mais je ne suis pas chanteur comme toi Dalida, encore moins mannequin ou idole. Starmania, c’est pour les autres. Je ne suis que le simple chef d’une petite entreprise, une PME pour être précis.

La théorie économique veut que les petites entreprises (TPE) grandissent, deviennent des PME (Petite et Moyenne Entreprise) puis des ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) et un jour enfin, qui sait, des grands groupes. La théorie ne se trompe pas trop. Avant de devenir grand, il faut bien passer par un moment où l’on est petit. Cela paraît trivial dit comme cela, mais l’est-ce vraiment ? 

Vous qui me lisez, vous appartenez surtout à la troisième ou quatrième catégorie. Vous ne dirigez pas de TPE ou de PME, ou seulement rarement. Beaucoup d’entre vous conseillent ou travaillent dans les ETI et les grands groupes. Le monde de nos clients ou de nos collaborateurs, c’est le monde du Chiffre d’Affaires qui dépasse souvent les 100 M€ et régulièrement le milliard d’Euros. Volkswagen dont il est question plus haut a réalisé plus de 320Md€ de CA en 2023. Se rend-on vraiment compte de la taille de ces entreprises ? 320Md€, c’est à peu près autant que les recettes nettes du budget général de l’Etat français inscrites au projet de loi de finances 2024. J’en vois déjà chez vous qui pensent que je compare des choux avec des carottes. Vous avez bien raison. La première cherche à créer de la valeur économique. Ce n’est pas la mission du second qui dans ce domaine nous rappelle chaque année qu’effectivement ses finances ne sont pas sa priorité. Il faudra bien un jour que cela le redevienne, même un peu. Mais passons, j’ai déjà largement évoqué le sujet avec Olivier Babeau.

Vous êtes quelques milliers d’indépendants à me lire le dimanche après le café. Apprenez si vous ne le savez pas déjà que les micro-entreprises incluant les indépendants comptent pour 4,3 des 4,5 millions d’entreprises domiciliées en France. 

Pour avoir l’honneur d’être affublé du titre de PME – ce qui croyez-moi est une réelle fierté quand vous le devenez – , il vous faut compter 10 salariés ou plus mais ne pas en compter plus de 250. Vous deviendriez ETI. BlueBirds ne sera pas une ETI avant longtemps, je vois encore dans mon dos la porte ouverte du club des PME alors que celle du club des ETI est encore invisible à mon regard loin devant ! L’INSEE vous dira que la France compte un peu de 150 000 PME, 6600 ETI et 300 grandes entreprises. (Les chiffres diffèrent un peu selon les sources mais les ordres de grandeur restent les mêmes). 

Il va y avoir du sport

Un peu plus de 4 millions de micro-entreprises, environ 30 fois moins de PME, environ 20 fois moins d’ETI que de PME et environ 20 fois moins de grandes entreprises que d’ETI. Retenez ces chiffres pour vous faire une idée de la structure de nos entreprises en France. On s’en rend mieux compte avec ces multiples : changer de catégorie est un sacré sport.

Cette structure n’est évidemment pas du tout la même s’agissant de l’emploi qui grosso-modo est équiréparti entre les 4 catégories d’entreprises. Je dis « grosso-modo », car les premiers employeurs en France sont les PME/PMI. En 2021, elles comptaient 29% des employés. Allez, disons un tiers, là encore pour avoir en tête les grandes masses.

A favoriser l’épanouissement des PME, c’est donc double gain. Vous favorisez le premier socle de l’emploi en France et vous favorisez le terreau de ces entreprises qui deviendront un jour des ETI. Or chacun le sait, au moins si vous m’avez lu, le futur de l’industrie et le chemin de notre prospérité retrouvée repose sur les ETI. L’Allemagne en compte 13 000, les UK 10 000 et l’Italie 8000. 

Pas de prospérité sans ETI en nombre en France. Et pas d’ETI demain sans PMI aujourd’hui. Alors comment favoriser l’épanouissement de ces dernières ?

C’est la question principale que je pose à mes invités du jour : Antoine Hubert, Sophie Rivoirard et Brice Cruchon, respectivement fondateurs d’Ynsect, de MagREEsource et Dracula Technologies et tous trois membres de Start Industrie. Chacun de leur projet est génial, tous grandissent. Tous sont épanouis. Tous aussi transpirent beaucoup à leur manière tant la route est compliquée. Tous enfin pointent assez vite la difficulté de trouver du capital pour financer leur croissance. 
A moins d’être déjà multimillionnaire, ce que je vous souhaite mais est finalement assez rare, on ne fabrique pas une première usine ni même une seconde sur fonds propres. Il vous faut des amis, mais surtout des investisseurs prêts à faire un chèque. Et faire ce chèque est assez difficile même si vous disposez des fonds. 

Ces projets sont risqués, prennent plus de temps que lorsque vous développez par exemple du software, vous ne pouvez pas changer de projet en quelques semaines si les premiers chiffres de ventes ne sont pas au rendez-vous. Vous faites face à une réglementation particulièrement stricte, parfois empêcheuse par nature, souvent changeante. Et puis les montants à aligner se comptent tout de suite en millions d’Euros, assez vite en dizaines et en centaines quelques années après votre lancement. 

L’usine de Tesla à Shangaï a coûté 2Md€. Les sociétés que j’interroge aujourd’hui n’en sont pas encore là, souhaitons-leur que cela arrive. Ce dernier chiffre est là pour vous illustrer une évidence que nous avons tendance à oublier mais que les personnes qui baignent dans l’industrie mesurent chaque jour. Une usine coûte cher, très cher. Et trouver les fonds quand on est une start-up industrielle est d’une grande difficulté. Nous y consacrons un chapitre entier avec Guillaume dans Réindustrialiser

Pas de bras, pas de chocolats

Pas de fonds pour les start-ups industrielles, pas de PMI ! Pas de PMI, pas d’ETI. Pas d’ETI, pas de renouveau de notre industrie. Pas de renouveau de notre industrie et nos yeux pour pleurer d’une dette publique à de nouveaux sommets et notre appauvrissement avec. Il va falloir « craquer le cas » ! 

Il y a mille choses à faire pour l’industrie que nos Gouvernements et Parlementaires passés ou en cours d’exercice s’emploient à ne pas faire et que je raconte avec Guillaume dans notre livre. Pourquoi ne le font-ils pas ? Il faudrait leur poser la question, je m’en étonne tous les jours. Peut-être par idéologie. Peut-être par ignorance. Peut-être parce qu’on ne leur a pas assez bien dit ou chanté les mots. 

Pourvu qu’ils écoutent Antoine, Sophie et Brice. Pourvu qu’ils écoutent tous ces industriels, petits, moyens et grands leur dire l’absolue nécessité de nous réindustrialiser.

Surtout, pourvu qu’ils agissent !

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

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Start Industrie

Antoine Hubert Co-Fondateur & Président de Start Industrie / Sophie Rivoirard CTO & Co-Fondateur de MaagREEsources / Brice Cruchon CEO de Dracula Technologies

Écouter l’épisode

Industrie française : PME, ETI et financements clés