Ce podcast est sponsorisé par BlueBirds

Logo sponsor Bluebirds   AccueilContact

Rien, c’est déjà beaucoup

C’est quand même assez pénible de ne pas être attaché aux choses. Cela vous enlève une des façons d’être aimé. 

A vivre avec cet angle mort, il est tout à fait possible que cela vous ôte aussi une façon d’aimer. C’est un peu mon cas. C’est vrai, je dois bien le reconnaître, je ne présente que rarement de nouveaux objets à mon entourage. Les papiers emballage et les nœuds rouge vif, je les observe dans les mains des autres. J’offre peu de cadeaux. Les choses ont rarement de valeur à mes yeux, même si je perçois bien qu’heureusement c’est tout le même le cas chez la plupart d’entre vous.

Tout cela est d’autant plus saugrenu que dans la vraie vie, pas celle faite de pixels mais de terre, de fleurs et de diamants, nous vivons pourtant entourés d’objets. Depuis ce verre Duralex dont enfants nous regardions au fond le chiffre et qui se voulait incassable, en passant par ce caleçon et cette culotte qui ont servi quelques années mais dont la vie sur Terre touche à leur fin, nos téléphones, nos ordinateurs qui meurent bien trop vite et puis enfin ce vieux tableau ou cette lampe qui sont apparus un jour et qui se sont faits leur trou dans notre quotidien. 

Je suis comme vous, je ne les regarde plus ces objets qui meublent la maison. Mais je ne regarde pas plus le reste, c’est probablement là que nous sommes assez différents. Je n’arrive pas à m’attacher aux choses. Cette table ? Elle redeviendra poussière me dis-je. Ce vase ? A moins d’un geste maladroit raconté plus bas dans un vieux sketch des Inconnus, il sera là après moi, pourquoi m’en soucier ? Ces planches de bois qui prennent la poussière dans le garage parce qu’on ne sait jamais ? Elles seraient mieux dans la poubelle pour aller ensuite nous chauffer. 

Les langages de l’amour

Les cadeaux sont l’un des cinq langages de l’amour. Je m’attache surtout aux quatre autres : les mots, le temps passé ensemble, le service et le contact du corps. Le barycentre de ces langages est différent pour chacun de nous. Enlevez le contact physique et vous remarquerez que les quatre langages restants pourraient bien s’appliquer à vos clients. Avez-vous seulement fait l’effort de vous demander lequel de ces langages leur parlent individuellement davantage ? Cherchez, trouvez, et vous verrez, ils vous écouteront davantage. Peut-être même que vos relations commerciales s’en trouveront renforcées en dépit de ces nouvelles règles de compliance qui perdent de plus en plus leur sens premier. Vos relations avec eux tout court en fait en seront renforcées.

Comme les règles souffrent quelques exceptions déjà racontées dans une ancienne newsletter vous présentant Ligne Roset, deux ou trois choses me lient tout de même au sol qui nous tient : une lampe offerte par ma grand-mère paternelle et un vieux tableau de muses dans leur plus simple appareil. Ce tableau ornait le lit de sa chambre. Enfant, voir ces trois femmes nues m’avait toujours impressionné. Je ne me rappelle pas avoir ressenti d’émotion artistique avant d’avoir observé, encore et encore, ce tableau qui figure maintenant dans le bureau de mon épouse. Par une forme de clin d’œil, ces femmes, qui les premières avaient forgé mon image de la féminité observent travailler celle qui accompagne mon quotidien. Les premières sont oisives. La mienne est active. Les premières vivront toujours. La mienne, c’est mal engagé. Les premières me rappellent narquoises à chaque fois que je continue de les observer que le temps passe. La mienne soupire avec moi : elle voudrait arrêter le tic tac de l’horloge. 

Ce tableau, je ne le vendrais pour rien au monde. A bien y réfléchir, pour quelques millions, je consentirais peut-être à un tel geste…

Pauvre idiot !

Ma grand-mère qui me regarde de là-haut me dirait que je serais bien idiot de ne pas m’en séparer pour faire le bonheur d’un autre tout en rajoutant quelques unités à mon compte en banque sous réserve que ce soit une nécessité. Mais combien ? Combien vaut ce tableau qui me suit depuis presque toujours et qui fait un peu partie de moi maintenant ? Il a fallu que je rencontre Alexandre Millon qui dirige le Groupe éponyme pour me poser la question pour la première fois. Je ne ferai pas l’effort d’y répondre, mais s’il y en a un qui pourrait m’y aider, c’est bien lui. Il dirige la société créée par sa grand-mère. Le Groupe Miillon est une maison de ventes aux enchères. Ferrailleuse, la grand-mère d’Alexandre finit par trouver au milieu de ce qu’elle vendrait au poids des objets qui pourraient bien avoir quelque valeur. La maison Million était née. Nous étions en 1928. Ma propre grand-mère avait 14 ans cette année-là. 

J’aime à penser que les deux femmes se croisèrent quand Simone Taris fit l’acquisition de ce tableau. Qui sait? Peut-être que l’une vendit  à l’autre l’objet d’art d’un vendeur anonyme. Sa valeur marchande se mua au fil du temps en valeur sentimentale. Ce tableau est désormais sans prix pour moi.

Si vous êtes amateur d’art ou d’objets qui racontent une histoire, rendez-vous à la maison Million. Il y aura bien un univers susceptible de vous émerveiller : estampes, instruments de musique, vins, dessins, tableaux anciens, arts premiers et j’en passe. Mêmes les premières consoles de jeux video.

Il va vraiment falloir que nous passions un jour au format video, mais dans ce cas chez nos interviewés. J’aurais tellement voulu vous présenter le bureau d’Alexandre. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était un joli bazar. Les œuvres prêtes à partir ou tout juste arrivées s’empilaient dans un désordre qui faisait semblant de l’être. Napoléon à plat sur l’un des quatre murs faisait semblant de lire le New York Times. Le marbre au sol lui ne faisait pas semblant. C’était beau. Le beau, Alexandre vit au milieu. Comment ne pas être un peu jaloux ?

Ne faites pas comme moi. Accrochez vous aux choses. Les objets aussi sont la vie. Fabriquez-les. Gardez-les, Mettez-les en valeur. Vendez-les ou achetez-les. Offrez-les surtout. Car rappelez vous, les cadeaux sont un signe d’amour.

N’écoutez surtout pas les conseils de Stacey Kent qui nous chante plus bas que « rien, c’est déjà beaucoup. Rien, c’est bien mieux que tout. » Mais écoutez la quand même un peu, je ne m’en lasse pas.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

logo bluebirds

Le podcast de la semaine

Alexandre Millon, PDG

Le Groupe Millon

Écouter l’épisode

Les cadeaux et la valeur des objets