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Chacun son chemin

J’étais à Chamonix il y a quelques semaines pour un mariage. La quarantaine rugissante ou la cinquantaine naissante et deux magnifiques enfants, en voilà un bel âge et de belles circonstances pour s’unir devant témoins !
 
La fête était superbe, le temps un peu moins, cela ne vous surprendra pas si vous vous souvenez encore des semaines précédant les vacances. Les nuages ont tout de même bien voulu se retenir pendant 24 heures, le temps pour les invités en costume et robe de satin vert d’embarquer dans le petit train centenaire de Montenvers et de se mettre en mouvement jusqu’au pied de la Mer de Glace. Le train du Montenvers vous permet de monter à deux mille mètres tout en gardant vos chaussures de ville impeccablement cirées. On peut même dormir arrivé là-haut. Pratique. 

La Mer de Glace

J’étais heureux d’être là entre deux coupes de champagne au milieu d’amis. Un mariage est et restera toujours le temps d’une soirée la promesse d’un avenir joyeux. Et quand la majesté du lieu se joint à l’événement, la joie vous fait vibrer autrement. C’est plus fort. Le souvenir restera plus longtemps. 

Le Montenvers vous donne à regarder le spectacle de la Mer de Glace, le plus grand glacier d’Europe. Il vous permet aussi de littéralement voir le réchauffement climatique comme nulle part ailleurs en France. Les deux photos ci-dessous espacées d’un siècle se passent de commentaire. La Mer de Glace recule de plusieurs dizaines de mètres chaque année en longueur et en épaisseur.

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Le problème en même temps que sa beauté avec l’environnement, c’est qu’il est universel. Les montagnes, les ruisseaux, les mers, les neiges ne connaissent pas les frontières. Les nations, elles, se définissent entre autres par leurs bords. La Mer de Glace a choisi la Suisse, l’Italie et la France mais elle est comme ces vieilles dames qui se font de moins en moins visibles. Elle vit sa vie de plus en plus discrètement sans se soucier du qu’en dira-t-on. Elle se rappelle comment plus jeune est tordait le cou des hommes qui se pliaient pour la regarder plus ou moins discrètement. Elle était jeune, belle et grande. Sa peau blanche faisait tourner la tête des uns et rendait jalouses les autres. Vue depuis le Pic du Midi ou du sommet du Mont-Blanc, elle reste encore magnifique. Mais elle en a bien conscience, le temps joue contre elle comme il joue contre chacun de nous. 

Le colibri, encore lui

La réduction de 6% des émissions de CO2 de la France l’année dernière n’y changera rien. La Mer de Glace reculera au moins jusqu’à la fin du siècle, tous les Chamoniards le savent. Nos efforts sont louables, il faut évidemment les poursuivre, ils sont comme le colibri que j’évoque dans un précédent édito. Mais ils seront vains si la Chine, l’Inde et les Etats-Unis ne suivent pas. A vrai dire, il faut que tous les pays s’y mettent, ce qui est déjà souvent le cas.

Il en est un que je suis de près si vous me lisez régulièrement : le Maroc. Nous en parlons aujourd’hui avec Siham Sentissi qui dirige BlueBirds à Casablanca et notre invité, Loïc Jaegert-Huber. Loïc dirige les activités d’ENGIE en Afrique du Nord. 

C’est toujours instructif de voir un pays proche de nous aborder le sujet énergétique en même temps que climatique. Le Maroc a les mêmes préoccupations que nous : fournir à sa population et à ses entreprises une énergie abondante, accessible et décarbonée. Ses atouts et ses solutions sont en revanche différents. C’est ce que nous nous raconte Loïc aujourd’hui.

Je connais bien ces sujets pour les avoir traités quand je vivais à Casablanca. J’avais eu la chance d’accompagner la Ministre de l’énergie pour l’aider à établir, très modestement, une politique énergétique pour le pays. Le plus souvent, mon équipe tenait le crayon des réflexions qu’elle partageait avec nous. Peut-être est-ce la raison pour laquelle vous trouverez l’épisode du jour un peu technique. Ce sont les premiers retours que j’ai eus. Comme toujours s’agissant de notre vision de ce qu’un pays devrait être ou ne pas être, passés les slogans et les invectives, ces sujets sont souvent complexes et rarement (en fait jamais) noir ou blanc.

Que faire déjà quand vous savez que l’énergie nucléaire ne vous sera pas accessible avant des dizaines d’années si jamais elle le devient un jour ?

Qu’entreprendre quand vous observez que votre voisin algérien est riche de ressources en gaz mais que vous avez toutes les peines du monde à en trouver sous votre sol ?

Comment développer au mieux votre production d’énergies renouvelables sachant que vous êtes riches de soleil, de vent, de mer et de foncier à perte de vue ?

Comment entrer sur le marché de l’hydrogène dont vous savez que vous le consommerez peu mais que l’Europe elle serait heureuse de vous l’acheter sous réserve que vous le produisiez au meilleur prix avec une électricité décarbonée ?

Mais surtout : comment offrir à votre population une énergie peu chère ? Nous nous plaignons régulièrement du prix excessif de notre électricité et de notre gaz depuis peu. Les Marocains sourient bien plus que nous face à la fatalité, mais leurs attentes ne sont pas moins grandes.

Loïc répond à ces questions et à d’autres encore dans l’épisode de la semaine. Il vous aidera à mieux comprendre comme le Maroc, mais aussi l’Egypte et d’autres pays africains abordent leurs questions énergétiques.

Vous saisirez mieux j’espère pourquoi le charbon est parfois encore une solution transitoire malgré son effet sur le climat, ou pour le dire autrement, que l’environnement a un coût que tous ne peuvent pas se permettre. 

Un jour le Maroc sortira du charbon. D’ici là, il aura relancé son programme d’EnR qui a été longtemps un exemple dans la région. Il aura entrepris d’autres choses encore. Le Maroc fait ce qu’il peut, il fait de son mieux. 

Il trace sa route.

Comme vous et moi.

Martin

Un édito signé Martin Videlaine

Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.

BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.

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Le podcast de la semaine

Loïc Jaegert-Huber, Directeur Général

ENGIE North Africa

Écouter l’épisode

La Mer de Glace et les défis énergétiques