Un sourire
Je sais qu’à chaque fois que je rencontrerai Jean-Stéphane je passerai un bon moment. Cela ne rate jamais. Le dernier enregistrement du podcast n’a pas fait exception.
Jean-Stéphane et moi nous connaissons peu. Nous avons partagé quelques bières dans des soirées étudiantes, nous nous sommes amusés de l’ambiance franchement détendue qu’offrait les Ponts et Chaussées à l’époque. Et puis nous avons poursuivi nos chemins respectifs. Lui, ce serait la construction, moi le conseil. Lui la brique et le béton, moi les slides. Lui les réunions de chantier avec casque et bottes en plastique, moi les salles climatisées en costume cravate. Lui les grues, les échafaudages et les camions. Moi, Excel, PowerPoint et dans les grands jours Power BI.
Lui peut déambuler à Londres, Paris, Chamonix et partout en France et lever la tête en se disant : « Ce bâtiment, nous l’avons construit ». Moi…, c’est une autre affaire. « Que laisserai-je de tangible ? » m’arrive-t-il de m’interroger. Je ne regrette pas mes choix professionnels même si je pense parfois que j’aurais dû quitter plus tôt le métier qui nourrit beaucoup des indépendants qui accompagnent les clients de BlueBirds. Pourquoi quitter un métier et une entreprise quand on s’y sent bien ? Quitter son employeur quand on ne s’y sent pas à sa place est déjà difficile. Mais le quitter quand on s’y épanouit est plus difficile encore : on ne se pose pas assez la question.
Donc Jean-Stéphane a choisi tout de suite de construire. Il m’a fallu 40 ans et des poussières pour me réveiller un matin en me disant qu’il était temps que moi aussi je m’y mette. Je ne construirai jamais de bâtiment collectif, encore moins un ouvrage d’art ou une route. (Et ne me demandez pas comment faire en dépit de nos études communes avec Jean-Stéphane. J’étais en train de parfaire mon revers de tennis quand lui écoutait notre professeur. Lui a appris son métier à l’école!) Mais il y a mille manières de construire. Le simple fait d’être constructif est une exigence que les entreprises du BTP ont dans le sang. Nous serions bien inspirés de suivre leur exemple.
Raoul Follereau
Quand nous avons repris contact il y a quelques mois, le souvenir de Jean-Stéphane était un peu diffus. Mais je me rappelais bien l’un de ses traits de caractère. Il est homme joyeux. Ne vous méprenez pas, je ne voudrais pas vous laisser penser qu’il est gai-luron ou qu’il était ce clown que nous aimions en classe parce qu’il faisait rire tout le monde, y compris le professeur. Non, Jean-Stéphane est constamment de bonne humeur et cette jovialité se peint d’un sourire qu’il ne quitte que par exception. Jean-Stéphane sourit tout le temps, voilà pourquoi nous passons toujours des bons moments ensemble.
Combien de fois ai-je dit à mes filles « Souriez, vous serez plus belles. » ? Combien de fois me suis-je dit « Souris, cela ne te rendra pas plus intelligent mais plus agréable.» ?
Vous le connaissez très certainement déjà, mais tant pis, je n’y résiste pas. Voici un court passage de Raoul Follereau du Livre d’Amour écrit en 1920.
Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n’est assez riche pour s’en passer,
Personne n’est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l’amitié,
Un sourire donne du repos à l’être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s’acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c’est une chose qui n’a de valeur qu’à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu’un qui ne sait plus sourire,
Soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n’a autant besoin d’un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.
Dans les nombreuses photos du livre qui retrace les 140 ans d’histoire de Léon Grosse, le sourire est omniprésent. Il est naturel, il est chaleureux, il est complice. Jugez plutôt ci-dessous.

De gauche à droite : Mario Pinto, Directeur Régional Bourgogne, Franche-Comté, Auverge puis Denis Ranvel, Directeur Agence de Rouen et Région Bâtiment Nord Ouest et Cécile Viallard, Directrice filiale Soulier.
Léon Grosse le cultive ce sourire, aucun doute. Alors la société cumule les prix et les reconnaissances : Great Place to Work, Choiseul France, Le Geste d’Or et j’en passe. Cultivez-le aussi, vous verrez, vos journées seront plus belles en souriant. Celles de votre entourage aussi.
Et comme vous ne lirez pas la rétrospective des 140 ans de Léon Grosse, voici quelques mots de la dédicace de Monique Grosse, descendante du fondateur :
« Comment et pourquoi une Entreprise créée en 1881 a pu se développer ? C’est sans nul doute en raison de la Passion d’Hommes et de Femmes qui ont su transmettre de génération en génération les valeurs de confiance, d’engagement, de motivation et de sens du travail bien fait au service du bien commun ».
Chez Léon Grosse on sourit, mais surtout, vous l’aurez compris, on transmet.
Léon Grosse annotait des carnets que la famille a conservés. Il écrivait en 1937 :
« Il faut essayer de se surpasser dans sa tâche chaque jour ; et cette occupation doit durer tout la vie. »
Chez Léon Grosse, on sourit, on transmet, mais surtout, on bosse !
Martin
Un édito signé Martin Videlaine
Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
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