Du made in France
On me demande souvent ce qui m’a donné envie de me lancer dans ce podcast.
La première raison est assez personnelle. A la sortie du COVID, j’avais ressenti un grand besoin de rencontrer de nouvelles personnes, de m’aérer l’esprit en même temps que je me serais dégourdi les jambes. Aller à la rencontre de dirigeants était une des réponses à cette envie. Cela servirait par ailleurs l’entreprise qui nourrit quelques familles dont la mienne.
La seconde raison partait d’un constat que je m’étais déjà fait avant le confinement. Depuis que je m’étais lancé comme entrepreneur avec BlueBirds, je m’étais mis à rencontrer des entreprises dont je ne soupçonnais pas l’existence. J’avais été consultant en Direction Générale, les clients de mon employeur à l’époque s’affichaient surtout parmi les 40 plus grandes sociétés cotées en bourse à Paris. J’étais maintenant entrepreneur, je découvrais nos 5000 entreprises de taille intermédiaire (ETI). Une ETI n’est pas encore un grand groupe mais dépasse déjà en importance les PME et PMI. Elles sont avec ces dernières le poumon de notre économie. Or ce poumon souffre d’une désindustrialisation qui l’asphyxie.
Il fallait mettre en lumière ces entreprises industrielles encore debout ayant survécu à toutes les tempêtes, depuis les crises énergétiques commencées en 1973, en passant par le matraquage fiscal des années 80, le déferlement des produits chinois à partir des années 90 accéléré dans les années 2000 par l’entrée de la Chine dans l’OMC et enfin et surtout l’idée folle que j’ai moi-même colportée en son temps qu’un pays « fabless », comprenez sans usine, c’est bien, c’est mieux.
Mais comment parler de ces sociétés souvent dans l’ombre et qui intéressent peu les Echos ou la Tribune parce qu’elles n’ont pas la taille d’une société du CAC 40 ou le glamour de la tech ?
L’idée a littéralement éclos un soir en découvrant dans mon lit une Histoire pour s’endormir racontée par Eva Green. Oh, je vous vois déjà sourire intérieurement. Eva Green. No comment. Et bien si, « comment ! ». Eva Green a une voix un peu géniale. Elle est calme, posée, sans emphase, bienfaisante, dans les octaves graves que tous ceux qui la suivent savent reconnaître entre mille. J’ai été conquis dans l’instant. Oui, la voix d’Eva Green est belle. Elle m’apaise.
Le clin d’œil de l’actrice à ses fans n’est par ailleurs pas sans saveur. Voilà une femme magnifique qui a décidé ici de ne jouer que de sa voix sans qu’on puisse la regarder. C’est bien évidemment plus qu’un clin d’oeil, c’est a minima une volonté – celle de raconter des histoires – transformée en projet, et très certainement la marque d’un caractère qui en dit déjà long sur celle qui fut un temps l’égérie de Dior et l’Oréal A y regarder de plus près encore, c’est bien plus que cela. Si vous ne le saviez pas déjà, Eva Green est la fille de Marlène Jobert qui accompagna les rêves de toute une génération d’enfants. Chez les Jobert, on est conteuse de mère en fille. Un jour peut-être aurais-je la chance de vous raconter l’histoire des Histoires pour s’endormir.
En position allongée donc, en train de tomber dans les bras de Morphée rendue jalouse par la voix d’Eva Green, une évidence m’est soudainement apparue : tout le monde aime les histoires ! Le podcast s’appellerait donc « Histoires d’Entreprises ».
L’interview de Gilles Attaf est dans la droite ligne de la genèse du podcast. Heureux hasard du calendrier, nous avons diffusé cet épisode deux jours avant que les Echos ne consacrent leur quotidien à notre réindustrialisation.
Je vous livre ici un fait. En même temps que notre pays se vidait de ses usines, tous ses grands équilibres socio-économiques passaient au rouge : budget de l’Etat et de la Sécurité Sociale, dette publique, balance commerciale, chômage de masse. Notre système de création et de redistribution de richesse pensé et créé après-guerre reposait majoritairement sur un homme : l’ouvrier. L’ouvrier est parti en même temps que son usine fermait, notre système est entré dans le rouge sans jamais revenir au vert parce que cet ouvrier n’est jamais revenu. Il n’y a pas ici seulement concomitance des faits, il y a relation de cause à effet.
Les grands équilibres de notre pays repasseront couleur menthe à l’eau avec le made in France. Cela, Gilles Attaf le savait bien avant moi.
Martin
Un édito signé Martin Videlaine
Je m’appelle Martin Videlaine. J’ai créé et dirige BlueBirds. Nous proposons les services de 6 000 indépendants à haute valeur ajoutée, consultants freelances, managers de transition et experts en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
BlueBirds sponsorise Histoires d’Entreprises.
Le podcast de la semaine
Gilles Attaf, Président
Origine France Garantie et les Fédérations Françaises de l’Industrie
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